C. Troadec : « Nous somme prêts à discuter avec l’Etat et la Région ».

Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.
Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.

La manifestation qui s’est déroulée samedi à Quimper fera date dans l’histoire de la Bretagne. Ce sont plus de 30 000 personnes, salariés, marins, paysans, commerçants, artisans, chefs d’entreprises, élus, simples citoyens qui se sont mobilisés pour l’emploi et la Bretagne.  Quimper n’a sans doute jamais connu une telle mobilisation. Il était très important que ce rassemblement ait lieu. Il a permis de redemander la suppression définitive de l’éco taxe et non sa simple suspension. Il avait pour mot d’ordre : l’emploi et la Bretagne. Le message est bien passé. Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », à l’initiative de cette belle réussite populaire, peut désormais parler au nom des 30 000 personnes présentes samedi à Quimper.

Cette réussite est à mettre au compte des manifestants eux-mêmes et du travail réalisé par le collectif, de tous ces gens qui se sont déplacés parce qu’ils avaient besoin de faire entendre leur ras le bol. L’éco taxe a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On ne peut pas rajouter un impôt à une région où des pans entiers de l’économie sont  mis à terre, ou des milliers d’emplois sont supprimés. Le symbole de ces bonnets rouges était vraiment fort. Parce qu’il rappelle histoire d’une révolte populaire en Bretagne. Une contestation forte du pouvoir central. De Paris. La Bretagne  envie et besoin de décentralisation et de régionalisation. Mais à Paris, le carcan jacobin continue à s’y opposer.

La révolte des Bonnets Rouges qui était le refus d’un nouvel impôt s’est poursuivie par un projet.  Un siècle avant la révolution française cette révolte a amené à la rédaction de cahiers de doléances et du célèbre Code Paysan. Il avait pour but d’établir de nouveaux droits pour la Bretagne. Nous devons sortir de ce conflit par un nouveau projet pour la Bretagne, une vraie régionalisation, sur le modèle des länders allemands.  Il faut que l’on dispose de réponses concrètes et de proximités à nos revendications. En premier lieu, bien sûr, la suppression de l’éco taxe mais aussi la fin du dumping social dans des Pays de l’Union Européenne. Le gouvernement français et le Président de la République, les parlementaires européens français doivent exiger une modification de la directive détachement. Il est insupportable que l’Allemagne, sur des mêmes secteurs concurrentiels avec la Bretagne, puisse faire du dumping social avec des salaires à 4 ou 5 euros de l’heure. De la même façon, il faut contraindre des multinationales comme Marine Harvest  à maintenir de l’activité et de l’emploi à Poullaouen et Chateaugiron alors même que ce groupe a gagné plus de 113 millions d’euros au premier semestre 2013 et qu’il multiplie les acquisitions en Pologne. Il en va de la responsabilité du gouvernement. Enfin, nous proposons la création immédiat d’un grand emprunt breton, adossé à la Région Bretagne et à une banque mutualiste pour aider au financement de l’investissement des PME et des PMI en Bretagne. Légitimés par les 30 000 personnes de Quimper, nous sommes prêts à discuter avec l’Etat et la Région.