L’école : une priorité…

Ces derniers jours la presse écrite nous informe que des menaces de fermetures de classes existent dans plusieurs communes de Bretagne et du Centre-Bretagne en particulier. Et, ce n’est pas nouveau, que l’Education Nationale appliquant la politique de Sarkozy, fait tout ce qui est possible pour remettre en cause l’entrée en maternelle à deux ans.

En reportant à trois ou quatre ans le début de l’entrée à l’école, le gouvernement cherche ainsi à économiser des postes et faire porter l’effort aux familles. Ce qui se traduira par un nombre moindre d’instituteurs dans les écoles. Conséquence : moins d’attention donc pour les enfants en difficulté, souvent, disent les enquêtes, issus des familles défavorisées. Ces gamins en difficulté seront donc doublement pénalisés : une fois par un environnement social et économique défavorable à la maîtrise de l’écrit et de la lecture et une seconde fois par une entrée tardive en maternelle où les conditions de suivi des élèves à problème sont de plus en plus aléatoires. Dans le même temps, les assises sur la prévention de l’illettrisme, organisées par l’inspection d’académie du Finistère, nous affirment, également dans la presse, « qu’il convient de combattre l’illettrisme dès le plus  jeune âge » !  Ce n’est certainement pas en remettant en cause l’entrée en maternelle dès 2 ans et en supprimant des postes d’enseignants comme le fait le gouvernement qu’on résoudra le problème. Le peuple breton est attaché à ses écoles et ne saurait admettre qu’un enseignement à deux vitesses se mette en place et laisse des élèves sur le bord du chemin.

Christian Troadec au ministère de l’Agriculture : « une réunion constructive… »

Christian Troadec, maire de Carhaix et président de Poher communiqué et son vice-président aux affaires économiques Xavier Berthou ont été reçus au ministère de l’Agriculture ce mardi, à 14 h 30 au lieu de 11 h 30 comme initialement prévue. Christian Ménard, député de la circonscription Carhaix-Chateaulin était également dans la délégation qui a été accueillie par des responsables du ministère de l »‘Agriculture et du ministère des Finances. Selon les informations données au ministère, la décision sur l’avenir de l’atelier de préemballé de l’usine Entremont-Sodiaal de Carhaix n’est pas encore prise. Christian Troadec et Xavier Berthou ont pu ainsi faire valoir les arguments qui plaident en faveur de la capitale du Poher. Les membres des cabinets ministériels ont pris note avec attention des avantages de Carhaix mis en avant par les élus du Centre-Bretagne tant sur le plan économique, agricole que social. Selon la délégation bretonne, « les gens des deux ministères se sont montrés conscients des enjeux économiques et humains ».  Les uns et les autres se sont mis d’accords pour faire en sorte que toutes les conditions favorables soient mises en place pour accueillir le projet chinois dont nous avons parlé la semaine dernière.  Ce projet c’est entre 65 et 80 M d’euros d’investissement, une centaine d’emplois à la clef sur une zone industrielle de 20 hectares. Cette nouvelle donne pouvant également influer sur la décision du groupe Sodiaal de maintenir ou non l’atelier de préemballé à Carhaix.

L’UMP chasse sur les terres du FN !

Chaque jour qui se lève apporte son lot de mauvaises nouvelles.  Aujourd’hui c’est l’annonce par la presse d’une augmentation de 5 % du prix du gaz. Elle précède sans aucun doute celle des produits pétroliers et nous devrions le ressentir assez rapidement à la pompe. Peu de chose sans aucun doute face aux drames qui se jouent en Libye où « le printemps des peuples » des pays arabes prend une tournure dramatique L’ONU vient de demander une enquête.

Mais tout de même…

Face à cette morosité ambiante, une satisfaction cependant. Dans le Finistère, le FN dont on nous abreuve les oreilles dans les grands médias et que certains sondages placent à 20 % pour la présidentielle de 2012, n’aura que deux candidats aux cantonales. A Crozon et à Brest. On comprend d’autant plus mal la volonté présidentielle de débattre de la place de l’islam en France et celle de l’UMP de chasser sur les terres glissantes et nauséabondes de Marine Le Pen. Fort heureusement, la Bretagne n’a jamais donné de bons scores au parti d’extrême droite. L’élection de mars prochain devrait, on l’espère, le confirmer.

Christian Troadec au ministère de l’Agriculture

Christian Troadec sera au ministère de l'Agriculture mardi.

Mardi matin, Christian Troadec, maire de Carhaix et président de Poher communauté sera reçu au ministère de l’Agriculture à Paris en présence d’une délégation du ministère des Finances. Au menu de la rencontre, l’avenir de l’atelier de préemballé de la société Entremont Alliance basé à Carhaix et repris par Sodiaal. Pour défendre les emplois et tenter de répondre à la légitime inquiétude des familles des travailleurs concernés, Christian Troadec plaidera le maintien du site sur sa ville. Il existe de réels arguments. Carhaix serait en concurrence avec un autre site industriel basé près d’Annecy. Même si dans le domaine économique, les entreprises sont totalement libres de leur choix, l’Etat, sur un dossier sensible comme le lait, peut néanmoins influer si il en a la volonté.

La ville des Vieilles Charrues, connue pour son sens de la fête et de l’organisation, est également célèbre pour ses combats. Celui pour le maintien de la maternité et de la chirurgie de l’hôpital est sans doute le plus emblématique. Mais, se battre pour le maintien d’un service public est une chose, plaider pour le maintien d’une entreprise en est une autre. La marge de manœuvre des élus et de la population est plus étroite.

Le législateur « à la heul » (à la traîne)…

Selon Le Télégramme, le Sénat a voté à l’unanimité (UMP, PS, PC Centristes) une proposition de loi visant à autoriser explicitement la pose de panneaux bilingues aux entrées de villes. Outre le fait que rien ne permet de dire que l’assemblée nationale, qui en dernière instance décide, confirmera cette initiative, on peut également se dire que le législateur montre une fois de plus qu’il est véritablement « à la heul », à la traîne, par rapport à la société. En Bretagne en effet, ces panneaux sont en place depuis déjà 30 ans, peut-être plus dans certaines communes, et c’est dans les années 80, pour  répondre aux assauts picturaux et néanmoins  nocturnes de Stourm ar Brezhoneg (SAB)  que des panneaux routiers directionnels bilingues ont également été mis en place sur les grands axes routiers. En dehors de tout cadre législatif. Si le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand pense réellement ce qu’il dit :« Loin de constituer un quelconque repli identitaire, a dit le ministre, la signalisation bilingue est, au contraire, un dévoilement identitaire. Elle nous donne à voir notre pays pour ce qu’il est aussi: le foyer de langues diverses. La manifestation publique des langues de France révèle un des visages de la France. C’est un miroir qui nous renvoie l’image plus fidèle de la nation, politiquement une et culturellement plurielle», qu’il accepte donc que le Parlement étudie une proposition de loi sur les langues régionales. Proposition que Luc Chatel a refusée en son nom, il y peu, devant l’Assemblée Nationale. Les défenseurs des langues régionales ne supporteront pas de démagogie sur un sujet aussi sensible.

L’UMP et les langues régionales

L’UMP vient de dévoiler la liste de ses secrétaires nationaux mercredi dernier. Ils devraient contribuer à bâtir le programme du candidat Sarkozy, déjà en campagne, pour 2012. Marc Le Fur, député breton de Loudéac, a été nommé « secrétaire national aux langues régionales ». Bien connu pour avoir été à l’origine d’un amendement, heureusement rejeté, relevant le seuil à partir duquel une porcherie serait soumise à autorisation, reconnaissons lui néanmoins le mérite d’avoir œuvré en faveur de l’entrée des langues régionales dans la Constitution au titre du patrimoine, même si cette reconnaissance reste symbolique. « Pour la première fois, un grand parti politique décide de prendre à bras le corps la question des langues régionales en France. C’est un signal fort… », affirme Marc Le Fur, « L’inscription des langues régionales dans la Constitution était une première étape. Nous avons encore beaucoup d’étapes à franchir. Cette nouvelle fonction me permettra de redoubler d’efforts… », dit-il encore. On aimerait le croire tant la situation de la langue bretonne en particulier est délicate.

On se doit néanmoins de rappeler à Marc Le Fur que ce sont des ministres UMP, Frédéric Mitterrand et Luc Chatel, comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours, qui ont dit Niet il y a peu à une proposition de loi sur les langues régionales. Bien en tendu les blocages ne viennent pas que du côté de la droite. La gauche hexagonale a aussi ses jacobins, allergiques et hostiles à la diversité linguistique et culturelle.

Mais, gageons qu’à l’aube de l’élection présidentielle de 2012, l’UMP comme le PS sauront sortir des cartons des propositions de loi et des « démarches raisonnables et constructives » pour tenter d’améliorer le sort misérable des langues régionales. Il y aura toujours des naïfs pour les écouter. Pour reprendre la devise pasquaïenne « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

La solution la plus efficace pour sauver la langue bretonne serait de donner totale compétence à la Région avec les moyens financiers nécessaires  pour la préservation du breton, son enseignement, sa diffusion et sa place dans la vie publique… Mais là aussi l’UMP s’oppose.

Biskoazh kemend-all ! Des chinois investissent à Carhaix

Christian Troadec faisant visiter la zone de Kergorvo à une délégation chinoise.

Entre 65 et 80 M d’Euro d’investissement, une centaine d’emplois à la clef, un terrain d’une superficie de 20 hectares… ce sont là les grands chiffres du projet qu’un groupe chinois, Synutra, géant de l’industrie laitière, envisage sur la zone de Kergorvo à Carhaix. Au cœur d’un bassin de production laitière, la délégation chinoise, qui a fait le déplacement sur place mardi 15 en compagnie du maire de la ville Christian Troadec, souhaite implanter deux tours de séchage pour fabriquer de la poudre de lait infantile. La demande exploserait en Chine. Le groupe souhaite monter « une usine de très haute technologie et de très haute qualité en matière d’hygiène et de traçabilité.  Ce  complexe serait une vitrine ensuite pour le secteur d’activité et les partenaires étrangers ». Associé au groupe Sodiaal, Synutra espère dans l’immédiat assurer collecte et production. L’installation d’un laboratoire et d’un atelier d’emboîtage pourvoyeurs d’emplois devrait suivre. Ce qui faisait dire au directeur chinois de production : « je souhaite signer un pacte gagnant-gagnant entre nous et Entremont-Sodiaal. Et j’espère pouvoir résorber une partie du chômage ici à Carhaix ». Pratiquement le même jour, la presse annonçait que la Chine était devenue le numéro 2 mondial de l’économie. Les fils de Mao au secours du Poher ! Biskoazh kemend-all ! Le début des travaux est fixé à septembre si tout va bien,  pour un chantier de 18 à 20 mois.

L’agriculture au cœur des débats La position d’Eau et rivières de Bretagne


Membre de France Nature Environnement, et particulièrement engagée sur le dossier des marées vertes, Eau & Rivières de Bretagne n’a pourtant pas été associée, ni de près ni de loin, à la campagne de « communication » de FNE !

Par la voix de son président Jo HERVE, l’association « regrette profondément cette absence de concertation préalable. » Selon les responsables de FNE, le choix du thème des marées vertes et le ton du message ont été effectués en réaction à l’amendement LE FUR adopté en juillet dernier dans la loi de modernisation agricole. Cet amendement qui fait reculer la prévention des pollutions et des nuisances causées par l’élevage industriel avait provoqué une vive émotion en Bretagne, notamment chez les élus confrontés chaque année aux échouages d’algues vertes.

Pour Eau & Rivières de Bretagne, ceci démontre que sur des sujets aussi sensibles que celui des élevages industriels et de la pollution des eaux, il faut se garder de porter atteinte aux équilibres patiemment construits, et éviter toute forme de provocation qui conduit inévitablement à des surenchères.