Territoire breton : la fracture s’installe!

Vous avez dit fracture territoriale ?

La fracture territoriale si décriée par les uns et les autres est en train de s’installer entre l’est de la Bretagne – où Rennes et Nantes vampirisent les pôles de décisions – et le Finistère en voie de « finistérisation » totale au point que René Pérez dans Le Télégramme (27/01) s’en inquiète avec beaucoup de pertinence. Dans une critique à peine voilée de la classe politique dominante (PS-UMP) il affirme que (le MBP le soulignent également depuis plusieurs mois) « le Finistère n’est pas audible » et,  il a raison d’ajouter : ce n’est « pas rassurant ». Il est clair pour tous aujourd’hui que les élus socialistes brillent par leur absence d’ambition et de projet pour la Bretagne en générale et pour la Basse Bretagne en particulier et que l’UMP ne peut être en aucun cas une alternative crédible. Comment dans ce cas pourraient-ils se battre efficacement pour un développement harmonieux du territoire et prendre les décisions qui s’imposent ? On l’a vu pour le projet de la Chambre de commerce et d’industrie régionale dont nous réclamions, avec beaucoup d’autres, l’installation du siège dans le Finistère. La messe semble dite et ce sera  Rennes ! Les élus politiques  finistériens n’ont même pas été en mesure d’influer véritablement sur le président du Conseil régional de Bretagne pour lui faire prendre position. Son silence sur ce dossier équivalent à faire le choix de Rennes comme le note si bien René Pérez. « Assez anecdotique » nous affirme assez maladroitement le journaliste d’Ouest-France qui le même jour traite de cette information. Anecdotique l’installation du siège d’une administration qui représente 100 000 entreprises bretonnes, emploie 2000 collaborateurs et dont le budget devrait avoisiner les 80 millions d’euros ! Pas si sûr. Pas rassurant par contre, une fois de plus, si on veut bien prendre en compte l’état d’esprit que révèle cette déclaration du nouveau président de la CCIR, Alain Daher, nouvellement élu : « Le siège social tel qu’il est aujourd’hui doit rester à Rennes, où sont réunis tous les autres centres de décision » !

Ce n’est absolument pas notre conception du développement ni de la respiration démocratique et solidaire que nous souhaitons pour l’ensemble de la Bretagne. Au cours de la campagne des cantonales, nos candidats MBP et ceux que nous soutenons défendront un développement harmonieux et solidaire du territoire. Ils refuseront « le centralisme rennais » en cours d’institutionnalisation avec l’aval des personnalités politiques que l’on sait et l’indifférence des autres.

Perak pas sachañ holl a-gevret war ar fun ?

Moarvat ne vije ket bet klasket respont d’ar goulenn-se ma ne deufe ket anezhañ ingal war beg tud eus ar vro. Tud ha ne gomprenont ket tamm ebet perak n’omp ket gouest d’en em renkañ a-raok mont d’ar votadegoù kanton. E Karaez, da skouer, met e lec’h all moarvat ivez, e vo kavet tud eus UDB o klask mouezhioù war an hevelep takad hag an MBP/BWR. Diaes eo d’an dud kompren pa vez embannet gant an daou strolladig ez int a-gleiz (lennit karta an MBP/BWR) hag o stourm evit Breizh ! Eveljust, pep hini a ra pezh en deus c’hoant en e di. Eus tu an MBP/BWR nevez savet hon eus kaset lizhiri ha taolioù pellgomz da UDB ha da « EE ar re c’hlas » gant ar spi da glask en em glevout war un nebeut kantonioù. Kinnigoù fur a oa ganeomp. Respont ebet  a-berzh UDB ! Embann a reomp memestra e vezomp prest bepred da gomz ha d’en em glevout gant strolladoù all a-gleiz hag a stourm evit Breizh. Rakvarnadennoù pe diskleriadennoù diboell distaget amañ-giz-mañ gant hiniennoù n’o deus pouez ebet eta ha n’int ket evit lakaat an MBP/BWR da cheñch linenn. Tud digor omp. Tud digor e chomimp. Gouzout a reomp mat-tre e vo ret kaout muioc’h a unvaniezh eget bremañ, mar fell deompcheñch penn d’ar vazh e Breizh.

Quand un symbole crée le lien

JJ Madec adjoint au Maire à la culture Lokmaria-Kaer

Dans notre société la symbolique est peut-être aujourd’hui moins présente. Pourtant il me semble que ce sont aussi les symboles qui permettent de créer du lien entre les gens, qui font que des idées prennent forme, que des identités culturelles se construisent.

J’aimerais, amener un sujet de réflexion qui pourrait faire consensus et construire autour  d’un symbole la reconnaissance de notre identité culturelle dans un esprit d’ouverture. C’est à dire « se faire reconnaître en allant vers l’autre ».

Je veux parler  de la création d’un  passeport culturel. Je n’invente rien, car il existe. Vous pouvez trouver aujourd’hui  en Bretagne dans quelques magasins  le passeport breton. Auparavant il y a eu le passeport celtique. Ils ont le mérite d’exister mais ce n’est pas dans le même  esprit que j’aborde cette réflexion. Je pense qu’il faudrait retravailler le contenu pour faire en sorte qu’il ne  soit pas source de polémique ou de provocation si nous voulons le faire admettre par le plus grand nombre.

A quelles occasions pourrait-on  le donner ?

1)       Lors des cérémonies de mariage, ce passeport pourrait être offert  aux jeunes mariés.

2)       Lorsque les jeunes d’une commune atteignent leur majorité, les services culturels  pourraient délivrer ce passeport lors d’une petite cérémonie.

A quoi servirait-il ?

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Economie : faire preuve de volontarisme

Le développement économique n’est pas une mince affaire. Surtout dans un pays excentré comme le nôtre, et qui plus est, quand on se trouve loin des côtes, en Centre-Bretagne. Pourtant, nous sommes convaincus qu’il est possible. D’ailleurs certaines micro-régions l’ont démontré. Loudéac et Vitré sont deux bons exemples. Nous croyons bien sûr, nous l’avons écrit dans une précédente rubrique, qu’il est possible de faire jouer la fibre sentimentale des Bretons exilés. Mais ne compter que sur cette voie pour se développer relèverait de l’utopie. Car si le coeur fait parfois pencher la balance du bon côté, il n’est en rien un facteur déclenchant. Notre Bretagne est attractive : qui ne rêve pas d’y séjourner ? Mais un chef d’entreprise n’est pas un philanthrope. Nous devons donc aller plus loin pour séduire l’entrepreneur extérieur. Cela passe par un réseau de communication moderne et adapté. Le projet TGV va dans le bon sens. Mais il reste insuffisant. En outre, il a le désavantage d’oublier le Centre- Bretagne, berceau d’une partie de l’industrie agroalimentaire qui nécessite une immense flotte de camions.

D’où la nécessité d’accélérer la mise à deux fois deux voies de la RN 164 (l’axe central de la Bretagne), de St Méen-le-Grand à Châteauneuf en passant par Loudéac et Carhaix et peaufiner notre réseau des autoroutes de la communication qui permettent à n’importe quelle entreprise de s’installer n’importe où et de gommer en partie le handicap géographique. Dans un autre domaine, chaque candidat à l’installation doit sentir qu’il est attendu et qu’on est prêt à lui dérouler un tapis rouge. Il ne s’agit pas bien sûr de tout lui sacrifier et de faire n’importe quoi n’importe où. Les contraintes en matière d’environnement sont par exemple nécessaires, surtout à l’approche de nos sites sensibles. Mais on doit aussi faire mieux pour lui permettre de s’installer et de prospérer chez nous plus qu’ailleurs. Cela doit passer par une politique fiscale offensive, par une harmonisation des taux d’imposition sur toute la région, par le développement de zones industrielles spécialisées, par une étroite collaboration avec les centres de recherche déjà existant, et avec les structures d’enseignement, par un gros effort de formation professionnelle. On constate ainsi, sur ce dernier point, un trop fort décalage entre la formation des demandeurs d’emplois et les besoins des entreprises. Cela doit aussi passer par une réforme profonde des procédures administratives. Il faut en moyenne deux à cinq ans à une entreprise pour s’installer, à partir du moment où elle prend la décision de  le faire, tant les tracasseries administratives sont légion, et tant implanter une entreprise est devenu un vrai parcours du combattant. Surtout dans le domaine industriel.

C’est long. Trop long.

La plupart des chefs d’entreprise le disent : le facteur temps joue beaucoup dans leurs politiques industrielles. Et tous se plaignent de ces langueurs administratives qui pénalisent tous les projets. Il est ainsi indispensable de créer une officine qui permettrait de regrouper toutes les structures concernées (Drire, services de l’équipement, de l’environnement…) qui se repassent les dossiers avec parfois plusieurs mois de décalage, pour que les délais d’instruction diminuent. Cela passe naturellement par un rapprochement des services. Là encore, ce n’est pas une mince affaire : l’organisation et les cloisonnements administratifs, en France, sont récurrents. A nous de faire preuve d’initiative et d’arguments convaincants pour faire de notre région une région pilote en la matière. Faire bouger les choses est une nécessité qui suppose un volontarisme à toute épreuve. Trop souvent on entend des hommes politiques se plaindre qu’il leur faille trois ans pour mener à bien un dossier industriel. Mais que font-ils pour modifier cela ? Si l’on veut que la création d’entreprises et donc d’emplois soit réellement une priorité, encore faut-il s’en donner les moyens.

Yann-Fanch Kersau

Pôle emploi : Qui commande ?

Il y a quelques mois, une curieuse affaire a défrayé la chronique, dans la région de Loudéac. Une salariée de Pôle emploi âgée de 56 ans a été purement et simplement remerciée après avoir assuré sept contrats CDD en sept ans. 200 autres personnes seraient dans la même situation en Bretagne. Cette affaire suscite bien des interrogations. D’abord, comment une « entreprise publique » comme Pôle emploi peut-elle ainsi multiplier les contrats CDD ? Ensuite, comment cette même entreprise peut-elle ainsi se débarrasser de salariés de cet âge, sacrifiés sur l’autel des économies de bouts de chandelle, sachant qu’elle ne retrouvera pas d’emploi à 56 ans ? Comment par ailleurs peut-on se débarrasser d’une salariée connaissant bien son travail car riche d’une expérience de sept années, qui en son temps a été formée pour cela ? Pôle emploi est d’ailleurs un spécialiste de ces emplois kleenex. Chaque année, des jeunes sont formés pour accueillir et orienter les demandeurs d’emploi. Et au bout de six mois à un an, leurs contrats ne sont pas reconduits, et d’autres sont pris à la place, qu’il faut à nouveau former… Si ça ce n’est pas un gâchis… Et puis une autre question s’impose. Concernant l’affaire de Loudéac, l’intéressée a reçu le soutien du maire de Loudéac, Gérard Huet, du sénateur socialiste M. Kerdraon et surtout, du député de la circonscription, l’UMP Marc Le Fur. Ce dernier a même reçu l’intéressée à sa permanence. Qu’en a-t-il découlé ? Rien. On a proposé un nouveau CDD à la salariée. Je ne doute pas que nos trois politiques ont fait tous les efforts nécessaires et soient intervenus auprès du ministère de tutelle pour remédier à la situation. Mais alors une réflexion s’impose : qui dirige et commande dans ce pays ? Les politiques qui en principe font les lois et, pour ceux qui sont au pouvoir, sont indirectement les « patrons » des dirigeants et des salariés des entreprises publiques (ce sont eux qui dirigent l’Etat, et l’Etat qui emploie ces salariés) ? Ou sont-ce les enarques qui dirigent les ministères, ou encore les cadres régionaux ou locaux de ces entreprises ? Ces questions me rappellent une autre affaire qui remonte à quelques années, quand un ministre de l’Education nationale s’était avoué incapable de dire combien son ministère délivrait de fiches de paie. On n’imaginerait pas un instant une telle situation dans une entreprise privée. Il ne faut dès lors pas s’étonner si l’Etat fonctionne comme un tonneau des Danaïdes et si plus personne ne sait qui y fait quoi…

Y. F. Kersau

Cantonales : Christian Troadec candidat à Carhaix

Christian Troadec, maire de Carhaix, président de la communauté de communes, sera candidat dans le canton de Carhaix pour les élections de mars prochain. II entend défendre une ambition pour le pays de Carhaix à l’image de ce qu’il fait dans sa propre ville. En cette année exceptionnelle avec le 20eme anniversaire du festival des Vieilles Charrues et une étape du Tour de France, le Poher sera sous le feu des projecteurs médiatiques et témoignera de son dynamisme et de sa volonté de maîtriser son destin. Sa suppléante sera annoncée à la fin du mois.

Eric Palud et Marie Donnard candidats à Pleyben

Eric Pallud et Marie Donnard



Eric Palud, 35 ans, conseiller municipal à Pleyben, employé de société de Travaux Publics, pompier volontaire, militant associatif… sera candidat sur le canton de Pleyben pour les prochaines élections cantonales du mois de mars. Sa suppléante, Marie Donnard, commerçante-artisante, demeure à Gouezec où elle achève la construction d’une maison. Elle est membre de l’association   « Il faut sauver Victor » basée dans cette commune. L’emploi et l’économie seront les priorités de cette candidature. Eric Palud et Marie Donnard , membres du MBP, bien implantés sur le secteur, sont d’ores et déjà sur le terrain pour rencontrer les électrices et les électeurs et entendre les aspirations de la population.

Qu’est devenue la Charte des services publics en milieu rural ?

Christian Derrien Maire de Langonnet

Pour mémoire, en juin 2006, le gouvernement de l’époque, dirigé par le Premier Ministre Dominique de Villepin, signait avec les directions de 16 opérateurs nationaux (Poste, SNCF, ANPE, CNAF, EDF, GDF, etc.) et l’Association des Maires de France, la Charte sur l’organisation des services publics en milieu rural.  Cet engagement partenarial faisait suite à une fronde des territoires ruraux qui s’était exprimée dans l’ensemble des régions françaises par la voix des nombreux collectifs locaux de défense des services publics constitués lors des premières fermetures massives annoncées, notamment par la Poste. La Bretagne rurale, avec le Kreiz Breizh, avait été particulièrement active dans cette dynamique de résistance, la plupart de ses services publics étant touchés par les réorganisations.

Cette charte a été annoncée comme le point de départ d’une nouvelle approche de l’aménagement du territoire, soulignant en préambule les enjeux de la présence des services publics en milieu rural « en terme de cohésion sociale et territoriale » et affirmant « la nécessité de promouvoir une politique nouvelle de maintien, d’amélioration et de développement de l’accessibilité et de la qualité des services publics ».

Concrètement, en terme de démarche, la charte prévoit, dès lors qu’il s’agit de modifier l’offre des services de « faire précéder toute réorganisation ou création d’une véritable concertation, animée par le préfet, avec les élus, les opérateurs de service public et les usagers » et « d’intégrer des propositions pour améliorer la qualité ou l’accessibilité du service ».

Dernier point d’importance à rappeler, cinq années plus tard, alors que les territoires ruraux n’ont pas vu l’ombre d’un début d’application des mesures annoncées et que les fermetures de services publics continuent, cette charte souligne l’importance du « rôle du représentant de l’Etat comme garant de ce processus ».

Sans commentaires, simple rappel.

Christian Derrien, Maire de Langonnet.