Archives de catégorie : Société

Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Groix

Le 28 octobre 2014, Christian TROADEC, conseiller général du Finistère, maire de Carhaix, et Christian DERRIEN, conseiller général du Morbihan, maire de Langonnet ont rendu visite au comité insulaire sur l’île de Groix pour s’informer directement du conflit en cours entre les populations des îles et le président du Conseil général du Morbihan, à propos de l’avenir des liaisons maritimes. Arrivés par le bateau de fin de matinée, les deux élus ont pu interroger un certain nombre de personnes au marché et chez certains commerçants.

Ils ont pu constater la même inquiétude partout, quant aux dégâts économiques que provoquerait l’application des mesures proposées dans le cadre du projet de renouvellement de la délégation de service public.

Ils ont ensuite largement échangé et débattu avec plusieurs membres du comité (dont Marie Pia Hutinel, Anne-Laure Josse, Alain Jullien, François Péchon), de l’ensemble du dossier et des actions en cours.
Ils ont affirmé leur soutien aux actions entreprises et promis d’apporter leur contribution pour aider les iliens à obtenir un rejet du projet qui doit être voté en novembre. Ce rejet est un préalable à une prolongation d’un an du statu quo, prolongation nécessaire afin de permettre un examen concerté et sans à priori sur les solutions possibles pour l’avenir, dans le respect des intérêts vitaux des îles.

Lire l’article de Ouest-France du 28/10/2014 : Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Groix : http://www.ouest-france.fr/liaisons-maritimes-christian-troadec-et-christian-derrien-groix-2936112

C. Troadec : « Nous somme prêts à discuter avec l’Etat et la Région ».

Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.
Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.

La manifestation qui s’est déroulée samedi à Quimper fera date dans l’histoire de la Bretagne. Ce sont plus de 30 000 personnes, salariés, marins, paysans, commerçants, artisans, chefs d’entreprises, élus, simples citoyens qui se sont mobilisés pour l’emploi et la Bretagne.  Quimper n’a sans doute jamais connu une telle mobilisation. Il était très important que ce rassemblement ait lieu. Il a permis de redemander la suppression définitive de l’éco taxe et non sa simple suspension. Il avait pour mot d’ordre : l’emploi et la Bretagne. Le message est bien passé. Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », à l’initiative de cette belle réussite populaire, peut désormais parler au nom des 30 000 personnes présentes samedi à Quimper.

Cette réussite est à mettre au compte des manifestants eux-mêmes et du travail réalisé par le collectif, de tous ces gens qui se sont déplacés parce qu’ils avaient besoin de faire entendre leur ras le bol. L’éco taxe a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On ne peut pas rajouter un impôt à une région où des pans entiers de l’économie sont  mis à terre, ou des milliers d’emplois sont supprimés. Le symbole de ces bonnets rouges était vraiment fort. Parce qu’il rappelle histoire d’une révolte populaire en Bretagne. Une contestation forte du pouvoir central. De Paris. La Bretagne  envie et besoin de décentralisation et de régionalisation. Mais à Paris, le carcan jacobin continue à s’y opposer.

La révolte des Bonnets Rouges qui était le refus d’un nouvel impôt s’est poursuivie par un projet.  Un siècle avant la révolution française cette révolte a amené à la rédaction de cahiers de doléances et du célèbre Code Paysan. Il avait pour but d’établir de nouveaux droits pour la Bretagne. Nous devons sortir de ce conflit par un nouveau projet pour la Bretagne, une vraie régionalisation, sur le modèle des länders allemands.  Il faut que l’on dispose de réponses concrètes et de proximités à nos revendications. En premier lieu, bien sûr, la suppression de l’éco taxe mais aussi la fin du dumping social dans des Pays de l’Union Européenne. Le gouvernement français et le Président de la République, les parlementaires européens français doivent exiger une modification de la directive détachement. Il est insupportable que l’Allemagne, sur des mêmes secteurs concurrentiels avec la Bretagne, puisse faire du dumping social avec des salaires à 4 ou 5 euros de l’heure. De la même façon, il faut contraindre des multinationales comme Marine Harvest  à maintenir de l’activité et de l’emploi à Poullaouen et Chateaugiron alors même que ce groupe a gagné plus de 113 millions d’euros au premier semestre 2013 et qu’il multiplie les acquisitions en Pologne. Il en va de la responsabilité du gouvernement. Enfin, nous proposons la création immédiat d’un grand emprunt breton, adossé à la Région Bretagne et à une banque mutualiste pour aider au financement de l’investissement des PME et des PMI en Bretagne. Légitimés par les 30 000 personnes de Quimper, nous sommes prêts à discuter avec l’Etat et la Région.

Une télévision pour la Bretagne, où en sont les réflexions de la région administrative ?

Une télévision pour la Bretagne, où en sont les réflexions de la région administrative ?

Manifestation à Brest pour réclamer une télévision pour l'ensemble de la Bretagne.
Manifestation à Brest pour réclamer une télévision pour l’ensemble de la Bretagne.

Tout un chacun s’accorde pour constater la misère du paysage audiovisuel breton par rapport à ce qu’il existe dans toute « région à forte identité » à travers l’Europe.

Réfléchir

Les réflexions et consultations menées par la « région Bretagne » depuis un an tournent en fait autour d’une volonté claire et nette : faire travailler tout le monde ensemble. Ce qui peut sembler plutôt positif est en fait un casse-tête dans la mesure où cela signifie d’avoir à faire travailler ensemble une antenne de la télévision publique France 3 avec des télévisions privées locales/départementales et une profession assez disparate.

Il est certain qu’on trouve actuellement sur les cinq départements bretons tous les ingrédients pour « monter » une véritable télévision pour la Bretagne. Y compris la dimension budgétaire puisque le budget de France 3 Rennes est équivalent à celui d’une chaîne comme BBC Alba (tv-radio-internet) (autour de 25 millions d’euros) sans parler de la redevance payée par les Bretons qui se monte à près de 125 millions d’euros. L’argent est là mais capté par l’Etat.

Proposer, oui mais !

Les propositions de Jean-Michel Le Boulanger portent sur la mise en place d’un outil audiovisuel adapté à l’évolution technologique. En clair, il y aura 2 portes d’entrée classiques pour atteindre la matière bretonne, France 3 rénovée et les TVs départementales avec des plages d’informations portant sur les 5 départements bretons communes à France 3 et aux TVs locales ( Question : quid réellement de Nantes puisque les medias nantais ne sont pas associés à la réflexion… ? ), un développement « important » des plages « bretonnes » de France 3 et des plages communes aux TVs locales. Et par ailleurs, la création d’une plateforme audiovisuelle sur internet permettant l’accès à une sorte de banque de documentaires, etc. sur la Bretagne.

Pourquoi pas ? Cependant, tout ça manque de simplicité d’organisation et d’usage. On peut en effet comprendre que les ados et les jeunes adultes aient une préférence pour les outils internet mais il n’en reste pas moins que les familles avec jeunes enfants et les personnes d’au-delà de 55 ans gardent pour l’instant une préférence pour l’outil télévisuel classique, d’autant que celui-ci évolue et que les différentes marques sont en train de proposer des smart TVs interactives.

Cette organisation compliquée vise à contenter tout le monde, bon, admettons, mais prendre le modèle du système Arte n’est pas le plus simple ni le plus accessible. Toutes les expériences connues sont beaucoup plus simples en termes d’accessibilité et d’unité même si la plupart comprennent une dimension TV mais aussi internet et radio (TG4, BBC Alba, S4C, etc..). Bref, une nouvelle fois, la Bretagne va se distinguer en rendant ce qui est simple en quelque chose de compliqué.

Ha, mais les moyens sont là !

Avec le peu de mobilisation sur le thème on peut se poser des questions.

Jean Michel Le Boulanger reconnait lui-même que le projet breton, pour avoir des chances d’aboutir, doit faire l’unanimité afin d’être présenté à Madame Filippetti, Ministre de la Culture. D’ailleurs le parlement vient de prévoir la possibilité de délégations de pouvoir aux collectivités territoriales notamment dans le domaine de l’audiovisuel. France Télévision serait prête à ouvrir deux expérimentations dont une en Bretagne. Oui mais avec l’argent de qui ? Si Monsieur Pflimlin, espère alléger le budget de sa grande-maison-qui-prend-l’eau avec le concours du Conseil régional, c’est un peu compromis. Alors pourquoi ne pas transférer une partie de l’argent de la redevance ?

Ayons confiance : avec autant de Ministres bretons au gouvernement, autant de députés PS bretons au Parlement, coordonnés par le Ministre de la défense (des intérêts bretons !), 2014 sera l’année de la télévision bretonne !

 

Une fois dit tout ça, il reste deux questions majeures :

–          La dimension linguistique : le flou le plus intégral règne dans les projets de la « région Bretagne ». Et il est évident qu’en ne faisant pas le choix d’une chaîne en breton à l’image de l’Ecosse ou l’Irlande (sous-titrages systématiques, présence forte de la musique, etc..), il est quasi impossible de prédire cette présence vu la fragmentation du projet entre France 3, les TVs départementales et le portail internet. Le danger d’une marginalisation de la dimension linguistique est évidente sans parler du manque de dynamisme linguistique  inhérent au projet lui-même qui aura du mal à provoquer l’enthousiasme des brittophones….

–          La radio a disparu des discussions. Or, la création d’une radio en langue bretonne émettant sur les 5 départements bretons semble tout à fait nécessaire si le projet de TV retenu est celui explicité ci-dessus. Une radio de qualité professionnelle équivalent à la qualité des autres radios de service public mais en breton apporterait le service que ne pourrait rendre la TV new look choisie par la région.

En conclusion, il est anormal que ce projet important pour la Bretagne ne soit que celui d’une collectivité et d’un petit milieu professionnel alors que l’enjeu est majeur pour les différents acteurs de la société bretonne. C’est sans doute la faute de la Région mais aussi celle des acteurs en question qui restent bien passifs dans ce domaine comme dans d’autres. Sans parler du « mouvement culturel breton » incapable de se mobiliser de façon efficace et durable pour obtenir le meilleur projet.

Charte européenne des langues, télévision bretonne… le MBP demande à rencontrer F. Hollande à Quimper.

hollandeLe MBP vient de demander à rencontrer le président François Hollande, de passage à Quimper. Voici le courrier qui lui a été adressé :

Monsieur le Président de la République,

 Vous venez en Bretagne inaugurer une de nos illustres entreprises, Bolloré,
dans le Finistère, terre bretonnante et nous vous souhaitons la bienvenue. 
A cette occasion, auriez-vous l’obligeance de nous accorder un entretien
portant sur l’avenir, en France, de la Charte européenne des langues
régionales et minoritaires ?
En effet la ratification de la charte susnommée était prévue dans vos
engagements de candidat à la Présidence de la République en Mai 2012.
Contre toute attente vous avez, depuis, suivi l’avis défavorable du Conseil
d’Etat.
Par ailleurs, le Parlement européen vient de voter le rapport du député
François Alfonsi pour le soutien aux langues régionales ou minoritaires en
danger.
Dans ce contexte, nous sommes préoccupés par l’absence de mesures de justice
prises par la France au bénéfice de ses langues régionales. Nous
souhaiterions vous dire l’inquiétude de nos compatriotes et des nombreuses
associations qui se dévouent pour le breton, comprendre les blocages, et
échanger sur les solutions d’avenir.
Dans ce registre, 24 parlementaires bretons, principalement PS,  ont
interpelé en janvier dernier la Ministre de la Culture et de la
Communication, Aurélie Filippetti, sur la possible création en Bretagne d’
une chaîne publique de télévision comme il en existe déjà une en corse, Via
Stella. Cet outil moderne de communication pourrait être un des vecteurs de
la sauvegarde de la langue bretonne à laquelle vous êtes certainement
attaché, puisque vous vous étiez engagé à faire ratifier la Charte
européenne des langues minoritaires. Or, nous sommes sans nouvelle de l’
évolution souhaitée par le gouvernement dans  ce domaine précis ou pourtant
il ne devrait pas y avoir d’obstacles institutionnels.
Vous remerciant de votre attention,

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre
haute considération. 

Christian Troadec                              Christian Derrien

Maire de Carhaix                               Maire de Langonnet

Conseiller général du Finistère          Conseiller général du Morbihan

P.o. :   André Lavanant

           Secrétaire général du MBP

Le MBP interpelle la Région sur la télévision en Bretagne

Christian Derrien, maire de Langonnet, conseiller général de Gourin.
Christian Derrien, maire de Langonnet, conseiller général de Gourin.

Alors que la plateforme Galvpondi es toujours sans réponse à sa demande d’entrevue adressée au président du Conseil Régional ainsi qu’à Jean-Michel Le Boulager en charge de la culture et du dossier de la  télévision en Bretagne, le MBP vient d’écrire à ce dernier.

« Monsieur le vice président,
Auriez-vous l’obligeance de nous accorder un entretien afin d’apporter notre
contribution à la réflexion en cours sur un média TV en Bretagne ?
En effet suite au vœu émis par le Conseil régional 14 Décembre 2012 « Pour
un média TV qui permette de parler de toute la Bretagne à tous les Bretons
», vous avez constitué une commission de consultation dont vous assurez la
présidence.
Vous avez eu l’occasion de faire savoir qu’elle rendrait ses conclusions à
la fin de l’année en cours, le terme approche donc.
Vous remerciant de votre attention,
Nous vous prions de croire, Monsieur le vice président, en l’expression de
toute notre cordialité. »

Christian Troadec                              Christian Derrien

Maire de Carhaix                               Maire de Langonnet

Nous n’allons pas pleurer sur l’éviction de Delphine Batho !

Nous n’allons pmer-vaguesas pleurer sur l’éviction de Delphine Batho, ministre de l’Ecologie du gouvernement Ayrault, même si la manière manque d’élégance et que des propos plus outranciers ou plus déplacés ont été tenus par d’autres ministres, sans que François Hollande ou le premier ministre prennent la décision de sanctionner aussi brutalement. Delphine Batho était favorable au projet de Notre-Dame-des-Landes.  Nous sommes contre. Delphine Batho était favorable au projet de centrale à gaz à Landivisiau. Nous sommes contre. Par ailleurs, il est sans doute exact qu’on ne discute pas son budget à la radio. Il n’en reste pas moins que c’est un très mauvais message que François Hollande fait passer, lui qui disait vouloir faire de la France « la nation de l’excellence environnementale » !

Pour revenir à la Bretagne, nous ne pouvons que nous inquiéter une fois de plus sur la valeur d’un autre engagement (le 6), dans le même domaine, du candidat PS à la présidentielle. « Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables. ». La Bretagne, avec ses kilomètres de côte, a toutes les conditions pour développer ces énergies marines. Encore faudrait-il  que la «Région » dispose des moyens politiques et financiers nécessaires pour les initier. Car visiblement, si on attend Paris, on risque de se faire mener en Batho…

 

Le vote FN : une voie sans isssue !

Il ne Sans_issusuffit pas, hélas, de hurler « no pasaran » en levant le poing pour empêcher le vote FN de progresser. La banalisation du discours de Marine le Pen est réelle et elle se constate quotidiennement dans des classes  et dans des secteurs sociaux-professionnels différents.  Dans sa croisade de dédiabolisation de l’extrême-droite le FN parvient à tromper de plus en plus de gens sans que ces derniers connaissent véritablement le programme du parti aujourd’hui dirigé par la fille de Jean-Marie Le Pen. Souvent qualifié de vote protestataire le vote FN doit néanmoins être pris au sérieux. Il serait illusoire de croire que la Bretagne sera épargnée par la tentation du vote frontiste. Pourtant,  notre pays, comme les autres, a tout à perdre si par malheur Marine Le Pen pouvait mettre ses idées en application. Mais, par un discours simpliste et démagogique bien rodé qui stigmatise sans cesse les « assistés » et les étrangers,  elle parvient néanmoins à tenter des électeurs. Démontrer les responsabilités politiques des uns et des autres dans cette progression inquiétante ne fera pas baisser les scores du FN. Mieux vaut sans doute, chaque jour sur le terrain, combattre les idées de  l’extrême-droite, proposer des alternatives démocratiques crédibles et tenir ses engagements électoraux.

Une gouvernance régionale plus importante comme  le préconise le  MBP, rapprochant le lieu de décision des citoyens et donc l’identification plus aisée des décideurs, peut être une des pierres de la digue qu’il faut dresser en Bretagne pour circonscrire la montée de l’extrême-droite. Mais il faut aussi prendre le temps de combattre le programme FN, point par point, et rappeler que voter Marine Le Pen c’est aussi voter contre le droit à l’avortement, pour un Etat fort, hyper centralisé, sécuritaire et policiers apte à mettre au pas les « féodalités » locales, c’est-à-dire les collectivités locales comme les régions, les communes et les communautés de communes « dépensières » dixit Marine Le Pen et où le FN est souvent peu ou pas représenté en raison de la proximité.

Rapide tour d’horizon de quelques  éléments du programme de Marine le Pen

Sur la protection sociale : Le FN préconise une privatisation du système ce qui n’est pas une garantie pour les catégories sociales les plus démunies. Sur le dossier des retraites il opte pour la retraite par capitalisation qui n’est guère propice aux smicards. Ce que propose le FN est tout sauf social ou populaire.Populiste oui. Mais faire croire que Marine LE PEN a un programme pour améliorer la vie des classes populaires est un mensonge, une arnaque, au moins en matière de sécurité sociale.

 

Sur l’Europe : le FN propose de quitter l’euro et le retour au franc et de tourner le dos à l’Union Européenne !

Sur l’agriculture : L’agriculture, en Bretagne comme ailleurs, est fortement mondialisée et souvent massivement subventionnée… notamment par  la PAC, (politique agricole commune européenne). C’est dire combien peut-être stupide et farfelu le projet du FN pour ce secteur important de l’économie bretonne qui depuis  50 ans s’est construit en fonction des politiques européennes et des marchés mondiaux. La sortie de l’euro et de l’Union Européenne aurait pour conséquence de ruiner l’agriculture bretonne. Marine le Pen peut dire sans rire « La France abandonnera la PAC au bénéfice de la PAF (politique agricole française » ! Une chose est certaine elle nous prépare des lendemains qui déchantent si des fois…

La France longtemps premier pays agricole en Europe et premier exportateur vient de se faire doubler par l’Allemagne et les Pays Bas qui ont su justement mieux s’adapter aux marchés mondiaux et européens et développer des secteurs bios beaucoup plus puissants.

Sur la  langue et l’identité bretonne : Marine le Pen est hostile à toute manifestation visible et durable de l’identité bretonne. Contre les panneaux bilingues bretons-français qui lui donnent des boutons, elle est bien entendu contre la ratification de la Charte européenne des langues régionales, contre la présence de l’enseignement du breton dans les écoles, contre le breton à la radio ou à la TV… Opposée à l’enseignement de l’histoire de Bretagne et partisane d’un Etat fort et centralisé elle est de fait hostile à la régionalisation et à toute forme d’émancipation démocratique de la Bretagne. Par nature, l’extrême-droite est adepte d’un pouvoir « musclé » et centralisé à Paris  entre les mains « fermes » de quelques dirigeants  triés sur le volet. Toutes les dictatures du monde sont ainsi organisées.

(Pour plus d’informations consulter les excellents articles de Médiapart sur le sujet.)

Pour la Ligue des droits de l’Homme la République doit évoluer…

Le 20 mai 2013, lors de son 87ème congrès national, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a adopté une résolution historique ayant pour thème «République, diversité territoriale et universalité des droits ».Un texte que les élus de Bretagne seraient bien inspirés de lire attentivement notamment ceux qui n’ont que le mot République à la bouche, lorsqu’il s’agit de nier des droits démocratiques basiques aux défenseurs de la langue et de l’identité bretonnes.  Les avis du Conseil d’Etat, comme pour la ratification de la Charte européenne des langues minorisées, n’étant le plus souvent  qu’un prétexte à l’immobilisme, pour des politiques sous influence jacobine. En voici le contenu :

 

Le Conseil d'Etat ne peut être ni au dessus du politique ni de la démocratie.
Le Conseil d’Etat ne peut être ni au dessus du politique ni de la démocratie.

« République, diversité territoriale et universalité des droits

La République n’existe pleinement que dans le respect des libertés, de l’égalité et de l’universalité des droits. Toute discrimination, toute assignation des êtres h

umains en fonction de leurs origines, de leur couleur de peau, de leurs choix de vie ou de leurs opinions la défigure. Aucune singularité, aucun particularisme n’autorise à déroger à ces exigences.

Pour autant, confondre égalité et uniformité, en appeler à l’universalité pour refuser la diversité, c’est combattre ce que l’on prétend défendre, c’est refuser l’égale liberté d’être soi-même qui fonde toute citoyenneté vivante. Parce que l’universel se co

 nstruit aussi à partir du singulier, parce que les voies vers l’universalité sont multiples, seule la reconnaissance de la diversité permet d’éviter les tentations relativistes et les enfermements identitaires.

Or l’Europe tout entière vit à l’heure d’une crise qui n’est pas que financière et sociale mais aussi politique, démocratique et « identitaire ». Les Etats-Nations semblent à la fois trop petits pour être économiquement efficaces et trop grands pour considérer les demandes de reconnaissance des singularités territorialisées. De surcroît, dans le marché unique, la richesse se concentre là où les productions sont les plus rentables, mais les politiques de solidarité et de redistribution sociale restent menées à l’échelle des Etats et varient donc selon leur richesse. Se développent alors des tentations de replis nationaux ou infra-nationaux, de refus de continuer à partager avec les Etats, territoires ou populations les plus pauvres, ce qui renforce xénophobie, racisme et discriminations.

Le contrat social, la démocratie et le vivre ensemble s’en trouvent écartelés entre d’une part des logiques de « gouvernance » globale à visée « post-démocratique », qui font régresser les droits et privent le citoyen de maîtrise réelle de son avenir, d’autre part des logiques de fragmentation politique croissante qui encouragent de fait les replis identitaires et xénophobes.

Face à ce couple infernal de l’uniformité et de l’ethnicisation, nous défendons à la fois l’universalité des droits, comme condition de l’égalité en dignité et en droits, et la reconnaissance des identités multiples qui font l’humanité ainsi que les singularités territoriales qui font les sociétés. Sans cette double reconnaissance, il n’y a ni liberté authentique, ni égalité réelle, ni respect des peuples, des langues et des cultures.

Tenir les deux bouts de cette chaîne suppose que soit repensée l’articulation des appartenances et des champs de citoyenneté. La citoyenneté, comme la liberté, doit être pensée à la fois comme un tout indivisible et comme un ensemble de droits qui se vivent et se déploient au pluriel : citoyenneté politique mais aussi citoyenneté sociale ; citoyenneté nationale mais aussi citoyenneté européenne, et citoyenneté « territoriale » à chaque niveau d’expression du suffrage universel. Dans la réalité du monde contemporain, la citoyenneté doit se décliner à tous les niveaux d’appartenance à des communautés politiques démocratiquement légitimes. Il lui faut se fonder non plus sur une conception absolue, « exclusive », de la souveraineté des Etats mais sur le droit fondamental, universel et « inclusif », de tout être humain à exercer la citoyenneté là où il réside durablement.

C’est ce qui inspire notre combat pour la « citoyenneté de résidence », au nom de laquelle nous réclamons depuis plus de trente ans, prenant notamment en compte la réalité des migrations et des transformations du monde, le droit de vote et d’éligibilité pour tous les étrangers aux élections locales : on peut être citoyen sans être « national » de l’Etat sur le territoire duquel on réside.

C’est aussi au nom de cette « citoyenneté de résidence » que nous affirmons, plus que jamais, la nécessité de penser l’articulation territoriale de citoyennetés non « exclusives ». Une certaine « tradition républicaine » française de « citoyenneté par arrachement » a trop longtemps refusé de regarder en face la dialectique du singulier et de l’universel. La démocratie ne peut se passer d’expressions collectives des citoyens, de niveaux « intermédiaires » d’exercice de la citoyenneté et de reconnaissance de la diversité des appartenances citoyennes et des communautés citoyennes. Mieux encore, elle en a besoin pour son renouveau.

Au-delà d’une actualité parfois tragique, la Corse témoigne aujourd’hui de cette nécessité, non comme un cas d’espèce mais comme l’un des laboratoires où se joue notre avenir.

En 1991, le Conseil constitutionnel a refusé d’admettre que l’on puisse penser un « peuple corse, composante du peuple français », selon la formule qui avait été choisie par le Parlement de l’époque. Et pourtant, la Corse a constamment été placée en-dehors du droit commun de la République dans des domaines essentiels soumis, sur son territoire, à des régimes d’exception, comme en témoigne notamment le traitement judiciaire qui lui est encore souvent réservé.

En 2003, une révision constitutionnelle a commencé à reconnaître la diversité constitutionnelle des territoires, notamment en créant la catégorie constitutionnelle des « collectivités à statut particulier », dont relèvent depuis lors la Corse et d’autres territoires longtemps situés aux marges de la République. L’échec du référendum du 7 avril 2013, proposant de fusionner région et départements en Alsace, a sanctionné non pas le principe de cette adaptation aux réalités territoriales mais son instrumentalisation idéologique bien loin des aspirations réelles des citoyens. A l’inverse, en affirmant que « La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d’outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité », l’article 72-3 de la Constitution, comme l’évolution des législations applicables outre-mer, témoigne d’une prise de conscience des réalités politiques et culturelles indispensable pour rendre plus effective la démocratie territoriale.

De nouvelles avancées, constitutionnelles et législatives, sont aujourd’hui envisagées dans le cadre de l’« acte III » annoncé de la décentralisation, qui permettraient notamment à la société politique corse de vivre mieux sa singularité au sein de la République. Elles doivent impliquer une définition de l’exercice de la citoyenneté et de certains droits sur la base de la « citoyenneté de résidence », c’est-à-dire de la construction d’une « communauté de destin » par les êtres humains qui y résident durablement, quel que soit leur lieu de naissance ou leur lignage.

Le développement des « communautés de destin » à tous les niveaux de démocratie vivante, du local au planétaire, suppose à la fois la mémoire du passé et la capacité de le dépasser, l’expression des singularités et l’ouverture au monde, la reconnaissance de la liberté d’être soi-même et celle de l’altérité qui nous inscrit ensemble, solidaires, dans l’humanité. A défaut, chaque collectivité, chaque peuple est renvoyé à l’inégalité des ressources, aux logiques d’externalité, de domination et de dépendance mais aussi aux discriminations territoriales (en particulier en matière de droits sociaux et d’accès effectif aux services publics) qui accentuent la fragmentation sociale.

La réussite de ce processus ne va pas de soi ; il se heurte à des pesanteurs historiques, qu’il s’agit d’identifier puis de surmonter et à des injustices qu’il faut combattre. L’égalité, comme le reconnaissent déjà les plus hautes juridictions françaises et européennes, consiste à traiter identiquement les situations identiques mais tout autant à traiter spécifiquement les situations spécifiques. La démocratie – y compris dans ses dimensions conflictuelles – vit de citoyenneté partagée, et la citoyenneté se partage d’abord là où l’on vit.

Certains droits sont d’ores et déjà conditionnés dans leur exercice par la prise en compte du lien entre résidence et citoyenneté, notamment dans le déploiement de la décentralisation (droit de vote lié au domicile, régimes fiscaux différents entre résidences principales et résidences secondaires, etc.). Mais cette prise en compte est insuffisamment assumée et organisée.

Asseoir sur la résidence les conditions d’exercice de certains droits fondamentaux, c’est agir pour une démocratie plus vivante, plus effective, pleinement respectueuse de l’égalité en droits et de la protection des individus et groupes minoritaires, et qui travaille à s’enrichir de la diversité des sociétés, des langues, des cultures et des territoires dans laquelle se déploie la dimension politique de l’humanité. La LDH, attentive à la conciliation de l’universalité des droits et de l’expression légitime des identités démocratiques, considère comme indispensable la reconnaissance du lien entre citoyenneté et résidence et affirme la nécessité de penser l’égalité autrement que dans l’uniformité.