Archives de catégorie : Société

DÉDICACE : Christian TROADEC – Itinéraire d’un homme pressé

CHRISTIAN TROADEC, des Vieilles Charrues aux Bonnets rouges. – Itinéraire d’un homme pressé

DÉDICACE : le samedi 27 décembre 2014 de 10h à 12h à la maison de la presse de Chateaulin.

DÉDICACE : le samedi 20 décembre 2014 de 10 h 30 à 12 h à la librairie maison de la presse de Carhaix, carrefour du Kreiz Ker avec Charlie Grall accompagné de Christian Troadec.

CHRISTIAN TROADEC « J’ai toujours pensé que j’allais mourir jeune ! C’est pourquoi je me disais qu’il fallait agir vite… », confiait Christian Troadec à quelques-uns de ses proches, il y a peu de temps encore. Surprenante idée dans la tête d’un homme très empreint du monde rural qui l’a vu grandir. Un univers rythmé par les saisons et les récoltes et où d’ordinaire on sait qu’il faut laisser du temps au temps. Faut-il voir dans ce pressentiment irraisonné l’explication à son côté « bulldozer », toujours pressé, parfois hyperactif que la presse se plaît souvent à décrire ou à brocarder dans les innombrables articles qui lui ont été consacrés entre la création du festival des Vieilles Charrues et l’étonnant mouvement des Bonnets Rouges ? Comment comprendre en effet cette boulimie d’actions politiques qui caractérise le fondateur des Vieilles Charrues sans rechercher au plus profond de lui, de son histoire, le moteur de ce parcours étonnant et inédit en Bretagne.
Ce livre retrace l’itinéraire de Christian Troadec, le maire de Carhaix, son parcours professionnel et politique, ses actions pour l’emploi, le développement économique, social, culturel dans une Bretagne qu’il souhaite émancipée, « plus forte, plus solidaire, plus juste… ».

L’auteur : Charlie Grall est journaliste et a collaboré au Télégramme, à Ouest-France, à Bretagne Hebdo… Il a publié plusieurs livres sur la Bretagne. Résidant à Carhaix, il disposait d’une place privilégiée pour suivre le parcours de Christian Troadec.

Vient de paraître aux éditions Coop Breizh :

160 pages
155×220 mm
édité chez : COOP BREIZH
Réf : 346686
Prix : 15€
Commander ce livre sur le site de l’éditeur >>

Intervention de C. Troadec au CG29 du 18/12/2014

Intervention de Christian Troadec au Conseil Général du Finistère du 18 décembre 2014

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, de vous souhaitez à vous, à vos proches, à l’ensemble des élus de cette assemblée et à l’ensemble des personnels de cette maison, d’excellentes fêtes de fin d’année. Ces moments de quiétude sont importants dans un monde toujours en mouvement et où les crises économiques et sociales exposent les plus fragiles à bien des difficultés. Mes pensées vont donc aussi tout naturellement à celles et ceux qui souffrent du chômage, de la précarité, de la solitude ou de problèmes de santé.

Monsieur le Président, nous nous réunissons ce jour du jeudi 18 décembre 2014 marqué par la venue du premier ministre, Emmanuel Valls en Finistère. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai pu dire il y a un an sur le Pacte d’avenir. La coquille vide ne s’est guère remplie depuis surtout si l’on rappelle que la Bretagne est la région qui touche le moins de dotation par habitant de l’Etat de toutes les régions françaises. Mais je crois que la Bretagne attendait plus. Le pacte d’avenir ne s’est en effet pas accompagné du volet institutionnel, volet crucial pour créer les conditions du redémarrage de l’économie et apporter les moyens indispensables en terme politique et financier à la Région Bretagne.
Je ne crois pas d’ailleurs qu’en réservant sa visite à deux métropoles, Brest et Rennes, le premier ministre ait fait un choix judicieux. Il rappelle par là sans aucun doute que les moyens financiers, les crédits iront désormais aux métropoles alors même que la Bretagne est polymorphe, constituée de petites communes et de villes moyennes avec un excellent maillage du territoire. Ce n’est pas bon signe pour les territoires ruraux. Le département du Finistère en fait partie.
La question de la régionalisation de la France ne sera donc pas abordée. La métropolisation vient même la contrarier, la contrer. Deux visions opposées en fait de l’aménagement du territoire. Je continue à penser qu’il est indispensable de décentraliser l’un des Etats les plus centralisateurs d’Europe. Il faut libérer les énergies dans les territoires. La solution pour créer de la richesse, de l’emploi, innover, aller de l’avant passe par là. Et cela devrait évidemment s’accompagner de la réunification de la Bretagne, avec Nantes dans la Bretagne administrative. Nous deviendrions la première région maritime d’Europe ! Que d’occasions gâchées, Monsieur le Président.

Et je vous le dis tout net, je suis triste à la lecture de la presse et des propos de Nathalie Sarrabezolles, notre collègue qui pourrait être amenée à d’éminentes fonctions, quand elle dit : « Je ne crois pas à Nantes dans une Bretagne administrative à 5 ». Pour ma part, au contraire, j’ai toujours pensé qu’il nous fallait être offensif sur cette question. Qu’il en va du développement global de la Bretagne, du respect de son histoire et de son identité. Et que le tout est lié. J’avoue même que le propos est blessant à l’égard des dizaines de milliers de militants de la gauche bretonne qui ont cru pendant plus de 40 ans que le Parti socialiste permettrait de faire aboutir ces questions fondamentales portant sur la reconnaissance des droits du Peuple breton. Que ce soit sur la réunification ou la ratification de la charte des langues minoritaires. Oui c’est rageant.
Mais nous voilà prévenus. En se souhaitant dans quelques jours une bonne année 2015 nous devrons aussi nous souvenir de ces espoirs déçus, de ces espoirs trahis. 2015 est une forte année électorale. La gauche bretonne est trompée, cocufiée avec cette singulière désinvolture qui caractérise ceux qui n’aiment pas vraiment le peuple. Et certains voudraient en plus lui faire payer la chambre.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs, je vous souhaite à nouveau de bonnes fêtes de fin d’année et je précise aussi que je ne participerai pas au débat d’orientations budgétaires, tant celui-ci me semble tronqué et ne permet pas de savoir où les coupes sombres vont être réalisées dans les différentes politiques et objectifs du conseil général du Finistère. A part les grandes masses et grands équilibres on n’y retrouve quasiment aucun élément financier chiffré. Comme je le disais à mon collègue Didier Le Gac à la commission des finances alors qu’il annonçait de grandes coupes dans les budgets : la bonne information des élus doit s’accompagner d’éléments réels de connaissance. Il ne suffit pas de dire qu’il y aura des coupes sombres, mais nous préciser lesquelles et tout de suite afin que nous puissions les corriger, argumenter lors de la construction du budget.
Débattre ici sur des éléments qui seront en réalité décidés à quelques-uns dans un bureau ne me semble guère opportun. Il ne nous reste plus qu’à attendre le vote du budget.
Voilà, Bonnes fêtes de fin d’année ! Nedeleg laouen ha bloavezh mat !

Christian TROADEC
Maire de Carhaix
Conseiller général du Finistère

Dégradations sur le local du PS à Carhaix – Le maire, Christian Troadec, condamne

Rien ne peut justifier qu’on s’en prenne aux locaux d’une organisation politique qui participe à la vie démocratique de la société. Je condamne donc fermement les dégradations commises sur le local du PS à Carhaix et j’invite ses acteurs à réfléchir aux conséquences de leurs actes à moins qu’il ne s’agisse d’une provocation ? Ce qu’on ne peut exclure. La situation politique et sociale catastrophique de la France, à laquelle le gouvernement répond par un immobilisme affligeant ou des réformettes sans lendemain, l’humiliation faite aux Bretons aussi bien dans les domaines politiques, économiques, culturels ou sociaux, l’absence de perspective d’avenir ressentit pas un grand nombre de nos concitoyens, la violence latente et le risque d’explosion sociale que l’on sent monter dans la société, ne peuvent en aucun cas justifier ces dégradations. Le combat politique doit se mener dans les urnes et à travers un débat démocratique, sans ce type de violence inutile et trop facilement récupérable par certains.

Christian TROADEC
Maire de Carhaix
Conseiller général du Finistère

La bataille des îles du 56 : la solidarité ou le marché

Intervention de Christian DERRIEN au Conseil Général du Morbihan sur la tarification des liaisons maritimes dans le 56

SESSION DÉPARTEMENTALE DES MARDI 18 / MERCREDI 19 NOVEMBRE 2014

Monsieur Christian DERRIEN
Conseiller Général du canton de Gourin

Délégation de service public – Liaisons maritimes

Monsieur le Président, chers collègues,

Je laisserai le soin à mes collègues du littoral, davantage spécialisés que moi, d’intervenir sur les aspects techniques et financiers des liaisons maritimes. Nous avons la grande chance d’avoir encore aujourd’hui des représentants des îles dans notre assemblée.
Cependant, je tenais à m’exprimer en tant que conseiller général du nord-ouest rural du département, me sentant proche des îliens dans cette crise, qui au final pose la question de fond du maintien du service public du transport des personnes et plus généralement celle de l’aménagement de notre territoire, en
l’occurrence départemental.

En tant que membre de la CIETEM, notre commission en charge des infrastructures et des transports, j’ai récemment assisté lors de la dernière réunion à l’intervention d’Yves Brien, notre élu de Belle-île, membre du groupe de gauche, expliquant concrètement dans le détail aux conseillers généraux de la commission, les conséquences extrêmement néfastes du nouveau contrat de la
DSP et de l’application de la nouvelle grille tarifaire aux liaisons maritimes. C’était mercredi dernier.
Mais j’ai été sidéré de constater, lors de ces échanges avec nos collègues de la majorité, très attentifs aux arguments de notre collègue car soucieux de comprendre ce qui avait pu conduire à la situation actuelle, qu’ils découvraient, à seulement quelques jours du vote en session, la réalité et les incidences
catastrophiques de leurs choix pour l’avenir de nos îles. Comme si la logique comptable bureaucratique leur avait complètement occulté la réalité humaine et sociale des îles.

Car, que ce soit sur le plan humain, social ou économique, les décisions prises aujourd’hui, qui de fait valideront des hausses impressionnantes et scandaleuses des tarifs, remettront fondamentalement en cause le maintien des populations sur ces îles. Nos récentes visites sur place à Groix et Belle-île à la rencontre des îliens en ont témoigné.

Ceci pour de nombreuses raisons, dont je n’en énumérerai que quelques unes :
– Les familles et les enfants des îliens hésiteront désormais à se rendre sur les îles pour entretenir les liens avec leurs proches,
– Sur le plan économique, tout le monde a compris qu’avec la nouvelle grille tarifaire c’est l’ensemble de l’économie insulaire qui sera mise à mal. Le malaise sur l’île est généralisé : le boulanger de l’île de Groix qui stoppe son projet d’extension, l’entreprise de bâtiment qui annonce son départ, le restaurateur de Belle-île qui réduit ses jours d’ouverture, le maraîcher qui envisage l’arrêt de son activité, etc, etc. La liste est loin de s’achever là. Bref, c’est l’ensemble des professions des îles qui est brutalement fragilisé.
– Même en matière de politique de santé, les professionnels de l’île tirent la sonnette d’alarme. Face à une évolution préoccupante de l’état sanitaire de l’île, le Conseil Général a signé l’an passé avec l’ARS un Contrat local de santé dans lequel il est fortement préconisé « l’amélioration des transports ». Où est la cohérence ?

Enfin, je tenais à rapporter ces propos très inquiétants d’un médecin de Belle-île qui nous alerte, je le cite, « sur cette situation de crise qui renforce les sentiments d’abandon, d’exclusion, d’isolement qu’il constate désormais chez des centaines de Bellilois. »

C’est bien d’une approche globale dont il s’agit, et avant de prendre une décision aussi importante que celle d’aujourd’hui, il faut tout de même se poser les questions de fond :
– Voulons-nous maintenir nos populations sur les îles ?
Dans ce cas il nous faut, à partir du principe de solidarité, engager les moyens nécessaires pour y parvenir.
– Ou à l’inverse considérons-nous qu’elles sont trop coûteuses ?
Alors, cette fois, on fera le choix de la logique uniquement comptable et gestionnaire qui effectivement organisera la désertification et l’abandon des îles.

Dans ce cas, à terme nous mettrons fin aux aides de péréquation et de compensation nécessaires et nous laisserons le marché structurer l’offre et la demande. Ce qui conduira inévitablement au départ des populations autochtones, pour laisser la place à un marché résidentiel de luxe. Est-ce le souhait du département ?

Rappelons simplement que le principe de solidarité nécessite un vrai engagement concret. L’exemple de notre voisin et département littoral qu’est le Finistère est très révélateur : il engage plus de 8 millions d’euros annuels dans ses liaisons maritimes, fonctionnement et investissement compris, pour une population d’un peu plus de 1000 habitants. Le Morbihan en engage 5,2 millions d’euros pour une population de 8000 habitants. Le rapport est sans appel.
Rappelons également, cette fois du côté recettes, que le tourisme représente 11% du PIB du Morbihan et qu’il génère près d’1 milliard d’euros de consommation. Les îles jouent un rôle majeur dans cette économie. Il faut cesser de percevoir les îles comme coûteuses.

Nous avons échangé sur cette différence de traitement des îles, entre le Morbihan et le Finistère en commission infrastructures et transports. Il nous a été répondu que notre département faisait le choix des routes. Certes, elles sont importantes notamment lorsqu’elles sont déployées dans une approche équilibrée du territoire.
Mais c’est l’ensemble des liaisons qui doivent être concernées, liaisons maritimes comprises.

Nous sommes effectivement face à de vrais choix : la solidarité ou l’abandon, l’aménagement du territoire ou la concentration métropolitaine, un vrai service public de transports ou une délégation livrée au marché.

La population ne s’y trompe pas. Si aujourd’hui la mobilisation est à tel niveau, et je pense qu’elle vous a tous surpris, (rappelons que des femmes de Groix sont en grève de la faim), c’est que les îliens savent que l’enjeu est là : la solidarité ou le marché. Et ils savent mieux que tout le monde, qu’ils seront sacrifiés si le politique ne régule pas la situation.

Nous savons tous que les solidarités qui ont vu le jour dans l’après-guerre avec notamment le Conseil National de la Résistance, se défont actuellement au fil des années.
Je ne m’engagerai pas dans l’analyse des causes profondes de cette évolution malheureuse, mais ce dont on peut être certain, c’est que les choix politiques en sont par définition largement responsables.
Les logiques néolibérales sont désormais aux portes des îles, accompagnées par le groupe de la majorité du Conseil Général du Morbihan. Votre décision d’aujourd’hui va, au final, engager l’avenir de nos îles du Morbihan.

Je pense que vous n’avez pas suffisamment mesuré l’état d’esprit des populations îliennes face à vos choix. Je crains fortement que, malgré les récentes améliorations de la grille tarifaire, de nombreux aspects restent inacceptables notamment pour les familles des îliens ainsi que pour les entreprises qui contribuent les unes et les autres au bon fonctionnement de l’économie insulaire.
Le moratoire est une nécessité, un devoir pour les responsables politiques face à une situation aussi explosive, qui démontre le décalage énorme entre des décisions d’élus et la réalité quotidienne des gens. C’est sans doute ce qui fait le malheur de la désaffection du politique par les citoyens.
Il est urgent au Conseil Général de se ressaisir, de ne pas voter la délégation de service public (DSP) qui nous est proposée aujourd’hui et surtout d’engager en urgence une véritable concertation avec les communautés insulaires rassemblant les élus, les acteurs économiques et les usagers.

Mesdames, Messieurs les Conseillers Généraux de la majorité, nous comptons sur vous. Je vous remercie d’avance.

Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Belle-Ile

Christian Troadec, maire de Carhaix , conseiller général du Finistère, et Christian Derrien, maire de Langonnet, conseiller général du Morbihan, étaient à Belle-Ile le vendredi 14 novembre 2014.

Deux conseillers généraux bretons sont à Belle-Ile ce vendredi matin pour apporter leur soutien au mouvement des Cirés jaunes, qui s’opposent au projet de nouvelle grille tarifaire pour la desserte maritime : Christian Troadec, maire de Carhaix et conseiller général du Finistère, et Christian Derrien, maire de Langonnet et conseiller général du Morbihan.

Dans la même optique, ils avaient déjà fait le déplacement à Groix, fin octobre. Les deux conseillers généraux ont débarqué ce vendredi, à 9h, à Palais, accueillis par Frédéric Le Gars, le maire. Ils participent en ce moment à une réunion à huis clos à la mairie, à laquelle prennent part élus et trois membres du collectif des Cirés jaunes.

Christian Troadec est également l’un des leaders du mouvement des Bonnets rouges.

Lire l’article de Ouest-France du 14/11/2014 : Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Belle-Ile : http://www.ouest-france.fr/liaisons-maritimes-christian-troadec-et-christian-derrien-belle-ile-2974599

Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Groix

Le 28 octobre 2014, Christian TROADEC, conseiller général du Finistère, maire de Carhaix, et Christian DERRIEN, conseiller général du Morbihan, maire de Langonnet ont rendu visite au comité insulaire sur l’île de Groix pour s’informer directement du conflit en cours entre les populations des îles et le président du Conseil général du Morbihan, à propos de l’avenir des liaisons maritimes. Arrivés par le bateau de fin de matinée, les deux élus ont pu interroger un certain nombre de personnes au marché et chez certains commerçants.

Ils ont pu constater la même inquiétude partout, quant aux dégâts économiques que provoquerait l’application des mesures proposées dans le cadre du projet de renouvellement de la délégation de service public.

Ils ont ensuite largement échangé et débattu avec plusieurs membres du comité (dont Marie Pia Hutinel, Anne-Laure Josse, Alain Jullien, François Péchon), de l’ensemble du dossier et des actions en cours.
Ils ont affirmé leur soutien aux actions entreprises et promis d’apporter leur contribution pour aider les iliens à obtenir un rejet du projet qui doit être voté en novembre. Ce rejet est un préalable à une prolongation d’un an du statu quo, prolongation nécessaire afin de permettre un examen concerté et sans à priori sur les solutions possibles pour l’avenir, dans le respect des intérêts vitaux des îles.

Lire l’article de Ouest-France du 28/10/2014 : Liaisons maritimes. Christian Troadec et Christian Derrien à Groix : http://www.ouest-france.fr/liaisons-maritimes-christian-troadec-et-christian-derrien-groix-2936112

C. Troadec : « Nous somme prêts à discuter avec l’Etat et la Région ».

Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.
Christian Troadec maire et conseiller général de Carhaix.

La manifestation qui s’est déroulée samedi à Quimper fera date dans l’histoire de la Bretagne. Ce sont plus de 30 000 personnes, salariés, marins, paysans, commerçants, artisans, chefs d’entreprises, élus, simples citoyens qui se sont mobilisés pour l’emploi et la Bretagne.  Quimper n’a sans doute jamais connu une telle mobilisation. Il était très important que ce rassemblement ait lieu. Il a permis de redemander la suppression définitive de l’éco taxe et non sa simple suspension. Il avait pour mot d’ordre : l’emploi et la Bretagne. Le message est bien passé. Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », à l’initiative de cette belle réussite populaire, peut désormais parler au nom des 30 000 personnes présentes samedi à Quimper.

Cette réussite est à mettre au compte des manifestants eux-mêmes et du travail réalisé par le collectif, de tous ces gens qui se sont déplacés parce qu’ils avaient besoin de faire entendre leur ras le bol. L’éco taxe a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On ne peut pas rajouter un impôt à une région où des pans entiers de l’économie sont  mis à terre, ou des milliers d’emplois sont supprimés. Le symbole de ces bonnets rouges était vraiment fort. Parce qu’il rappelle histoire d’une révolte populaire en Bretagne. Une contestation forte du pouvoir central. De Paris. La Bretagne  envie et besoin de décentralisation et de régionalisation. Mais à Paris, le carcan jacobin continue à s’y opposer.

La révolte des Bonnets Rouges qui était le refus d’un nouvel impôt s’est poursuivie par un projet.  Un siècle avant la révolution française cette révolte a amené à la rédaction de cahiers de doléances et du célèbre Code Paysan. Il avait pour but d’établir de nouveaux droits pour la Bretagne. Nous devons sortir de ce conflit par un nouveau projet pour la Bretagne, une vraie régionalisation, sur le modèle des länders allemands.  Il faut que l’on dispose de réponses concrètes et de proximités à nos revendications. En premier lieu, bien sûr, la suppression de l’éco taxe mais aussi la fin du dumping social dans des Pays de l’Union Européenne. Le gouvernement français et le Président de la République, les parlementaires européens français doivent exiger une modification de la directive détachement. Il est insupportable que l’Allemagne, sur des mêmes secteurs concurrentiels avec la Bretagne, puisse faire du dumping social avec des salaires à 4 ou 5 euros de l’heure. De la même façon, il faut contraindre des multinationales comme Marine Harvest  à maintenir de l’activité et de l’emploi à Poullaouen et Chateaugiron alors même que ce groupe a gagné plus de 113 millions d’euros au premier semestre 2013 et qu’il multiplie les acquisitions en Pologne. Il en va de la responsabilité du gouvernement. Enfin, nous proposons la création immédiat d’un grand emprunt breton, adossé à la Région Bretagne et à une banque mutualiste pour aider au financement de l’investissement des PME et des PMI en Bretagne. Légitimés par les 30 000 personnes de Quimper, nous sommes prêts à discuter avec l’Etat et la Région.

Une télévision pour la Bretagne, où en sont les réflexions de la région administrative ?

Une télévision pour la Bretagne, où en sont les réflexions de la région administrative ?

Manifestation à Brest pour réclamer une télévision pour l'ensemble de la Bretagne.
Manifestation à Brest pour réclamer une télévision pour l’ensemble de la Bretagne.

Tout un chacun s’accorde pour constater la misère du paysage audiovisuel breton par rapport à ce qu’il existe dans toute « région à forte identité » à travers l’Europe.

Réfléchir

Les réflexions et consultations menées par la « région Bretagne » depuis un an tournent en fait autour d’une volonté claire et nette : faire travailler tout le monde ensemble. Ce qui peut sembler plutôt positif est en fait un casse-tête dans la mesure où cela signifie d’avoir à faire travailler ensemble une antenne de la télévision publique France 3 avec des télévisions privées locales/départementales et une profession assez disparate.

Il est certain qu’on trouve actuellement sur les cinq départements bretons tous les ingrédients pour « monter » une véritable télévision pour la Bretagne. Y compris la dimension budgétaire puisque le budget de France 3 Rennes est équivalent à celui d’une chaîne comme BBC Alba (tv-radio-internet) (autour de 25 millions d’euros) sans parler de la redevance payée par les Bretons qui se monte à près de 125 millions d’euros. L’argent est là mais capté par l’Etat.

Proposer, oui mais !

Les propositions de Jean-Michel Le Boulanger portent sur la mise en place d’un outil audiovisuel adapté à l’évolution technologique. En clair, il y aura 2 portes d’entrée classiques pour atteindre la matière bretonne, France 3 rénovée et les TVs départementales avec des plages d’informations portant sur les 5 départements bretons communes à France 3 et aux TVs locales ( Question : quid réellement de Nantes puisque les medias nantais ne sont pas associés à la réflexion… ? ), un développement « important » des plages « bretonnes » de France 3 et des plages communes aux TVs locales. Et par ailleurs, la création d’une plateforme audiovisuelle sur internet permettant l’accès à une sorte de banque de documentaires, etc. sur la Bretagne.

Pourquoi pas ? Cependant, tout ça manque de simplicité d’organisation et d’usage. On peut en effet comprendre que les ados et les jeunes adultes aient une préférence pour les outils internet mais il n’en reste pas moins que les familles avec jeunes enfants et les personnes d’au-delà de 55 ans gardent pour l’instant une préférence pour l’outil télévisuel classique, d’autant que celui-ci évolue et que les différentes marques sont en train de proposer des smart TVs interactives.

Cette organisation compliquée vise à contenter tout le monde, bon, admettons, mais prendre le modèle du système Arte n’est pas le plus simple ni le plus accessible. Toutes les expériences connues sont beaucoup plus simples en termes d’accessibilité et d’unité même si la plupart comprennent une dimension TV mais aussi internet et radio (TG4, BBC Alba, S4C, etc..). Bref, une nouvelle fois, la Bretagne va se distinguer en rendant ce qui est simple en quelque chose de compliqué.

Ha, mais les moyens sont là !

Avec le peu de mobilisation sur le thème on peut se poser des questions.

Jean Michel Le Boulanger reconnait lui-même que le projet breton, pour avoir des chances d’aboutir, doit faire l’unanimité afin d’être présenté à Madame Filippetti, Ministre de la Culture. D’ailleurs le parlement vient de prévoir la possibilité de délégations de pouvoir aux collectivités territoriales notamment dans le domaine de l’audiovisuel. France Télévision serait prête à ouvrir deux expérimentations dont une en Bretagne. Oui mais avec l’argent de qui ? Si Monsieur Pflimlin, espère alléger le budget de sa grande-maison-qui-prend-l’eau avec le concours du Conseil régional, c’est un peu compromis. Alors pourquoi ne pas transférer une partie de l’argent de la redevance ?

Ayons confiance : avec autant de Ministres bretons au gouvernement, autant de députés PS bretons au Parlement, coordonnés par le Ministre de la défense (des intérêts bretons !), 2014 sera l’année de la télévision bretonne !

 

Une fois dit tout ça, il reste deux questions majeures :

–          La dimension linguistique : le flou le plus intégral règne dans les projets de la « région Bretagne ». Et il est évident qu’en ne faisant pas le choix d’une chaîne en breton à l’image de l’Ecosse ou l’Irlande (sous-titrages systématiques, présence forte de la musique, etc..), il est quasi impossible de prédire cette présence vu la fragmentation du projet entre France 3, les TVs départementales et le portail internet. Le danger d’une marginalisation de la dimension linguistique est évidente sans parler du manque de dynamisme linguistique  inhérent au projet lui-même qui aura du mal à provoquer l’enthousiasme des brittophones….

–          La radio a disparu des discussions. Or, la création d’une radio en langue bretonne émettant sur les 5 départements bretons semble tout à fait nécessaire si le projet de TV retenu est celui explicité ci-dessus. Une radio de qualité professionnelle équivalent à la qualité des autres radios de service public mais en breton apporterait le service que ne pourrait rendre la TV new look choisie par la région.

En conclusion, il est anormal que ce projet important pour la Bretagne ne soit que celui d’une collectivité et d’un petit milieu professionnel alors que l’enjeu est majeur pour les différents acteurs de la société bretonne. C’est sans doute la faute de la Région mais aussi celle des acteurs en question qui restent bien passifs dans ce domaine comme dans d’autres. Sans parler du « mouvement culturel breton » incapable de se mobiliser de façon efficace et durable pour obtenir le meilleur projet.