Archives de catégorie : Economie

Christian Troadec au ministère de l’Agriculture : « une réunion constructive… »

Christian Troadec, maire de Carhaix et président de Poher communiqué et son vice-président aux affaires économiques Xavier Berthou ont été reçus au ministère de l’Agriculture ce mardi, à 14 h 30 au lieu de 11 h 30 comme initialement prévue. Christian Ménard, député de la circonscription Carhaix-Chateaulin était également dans la délégation qui a été accueillie par des responsables du ministère de l »‘Agriculture et du ministère des Finances. Selon les informations données au ministère, la décision sur l’avenir de l’atelier de préemballé de l’usine Entremont-Sodiaal de Carhaix n’est pas encore prise. Christian Troadec et Xavier Berthou ont pu ainsi faire valoir les arguments qui plaident en faveur de la capitale du Poher. Les membres des cabinets ministériels ont pris note avec attention des avantages de Carhaix mis en avant par les élus du Centre-Bretagne tant sur le plan économique, agricole que social. Selon la délégation bretonne, « les gens des deux ministères se sont montrés conscients des enjeux économiques et humains ».  Les uns et les autres se sont mis d’accords pour faire en sorte que toutes les conditions favorables soient mises en place pour accueillir le projet chinois dont nous avons parlé la semaine dernière.  Ce projet c’est entre 65 et 80 M d’euros d’investissement, une centaine d’emplois à la clef sur une zone industrielle de 20 hectares. Cette nouvelle donne pouvant également influer sur la décision du groupe Sodiaal de maintenir ou non l’atelier de préemballé à Carhaix.

Christian Troadec au ministère de l’Agriculture

Christian Troadec sera au ministère de l'Agriculture mardi.

Mardi matin, Christian Troadec, maire de Carhaix et président de Poher communauté sera reçu au ministère de l’Agriculture à Paris en présence d’une délégation du ministère des Finances. Au menu de la rencontre, l’avenir de l’atelier de préemballé de la société Entremont Alliance basé à Carhaix et repris par Sodiaal. Pour défendre les emplois et tenter de répondre à la légitime inquiétude des familles des travailleurs concernés, Christian Troadec plaidera le maintien du site sur sa ville. Il existe de réels arguments. Carhaix serait en concurrence avec un autre site industriel basé près d’Annecy. Même si dans le domaine économique, les entreprises sont totalement libres de leur choix, l’Etat, sur un dossier sensible comme le lait, peut néanmoins influer si il en a la volonté.

La ville des Vieilles Charrues, connue pour son sens de la fête et de l’organisation, est également célèbre pour ses combats. Celui pour le maintien de la maternité et de la chirurgie de l’hôpital est sans doute le plus emblématique. Mais, se battre pour le maintien d’un service public est une chose, plaider pour le maintien d’une entreprise en est une autre. La marge de manœuvre des élus et de la population est plus étroite.

L’agriculture au cœur des débats La position d’Eau et rivières de Bretagne


Membre de France Nature Environnement, et particulièrement engagée sur le dossier des marées vertes, Eau & Rivières de Bretagne n’a pourtant pas été associée, ni de près ni de loin, à la campagne de « communication » de FNE !

Par la voix de son président Jo HERVE, l’association « regrette profondément cette absence de concertation préalable. » Selon les responsables de FNE, le choix du thème des marées vertes et le ton du message ont été effectués en réaction à l’amendement LE FUR adopté en juillet dernier dans la loi de modernisation agricole. Cet amendement qui fait reculer la prévention des pollutions et des nuisances causées par l’élevage industriel avait provoqué une vive émotion en Bretagne, notamment chez les élus confrontés chaque année aux échouages d’algues vertes.

Pour Eau & Rivières de Bretagne, ceci démontre que sur des sujets aussi sensibles que celui des élevages industriels et de la pollution des eaux, il faut se garder de porter atteinte aux équilibres patiemment construits, et éviter toute forme de provocation qui conduit inévitablement à des surenchères.

L’agriculture au cœur des débats

Christian Troadec en compagnie d'A. Ollivro, défenseur de l'environnement, sur la plage d'Hillion dans les Côtes d'Armor afin de discuter du problème des algues vertes

L’agriculture en Bretagne  est au cœur des débats politiques et c’est tout naturel. Première région agricole française avec 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire, c’est une véritable force économique. Les experts considèrent qu’une exploitation génère cinq emplois directs. Ce serait 170.000 emplois qui seraient ainsi induits, c’est-à-dire, selon Jean Ollivro, géographe, 30 % des emplois des entreprises bretonnes.

Dans un contexte économique difficile, elle doit néanmoins faire face à  des défis multiples dont celui de la reconquête de l’environnement n’est pas le moindre. Des efforts ont été faits. Un milliard d’euros a été investi dans la mise aux normes des exploitations. 450 stations de traitement des effluents d’élevage ont été réalisées. L’agriculture bretonne connaît donc une profonde évolution des pratiques agricoles. C’est heureux et il faut continuer dans ce sens.

On  comprend et on partage néanmoins l’exaspération face par exemple au phénomène des algues vertes. La campagne lancée à Paris, dans le métro, par « France nature environnement » est là pour le rappeler bruyamment. Il n’est pas certains cependant que son côté stigmatisant et provocateur soient de nature à vraiment favoriser la recherche en commun des meilleurs remèdes. L’image de la Bretagne est écornée, une fois de plus, sans que le bénéfice environnemental soit évident.

Il appartient à l’ensemble de la société bretonne de se mobiliser pour régler ce problème et au premier chef aux agriculteurs qui ont pris conscience que la bataille de la qualité de l’environnement est primordiale. La population et ses représentants seront d’autant plus sensibles aux justes revendications des agriculteurs que l’ambiguïté environnementale sera levée.

Que ce soit sur le prix des produits, sur la pérennisation des exploitations, sur l’installation des jeunes, sur la régulation européenne, sur le soutien à la filière bio… un débat  sans tabou et sans caricature doit être ouvert et être au cœur de la préoccupation des responsables politiques comme des citoyens. A moins de vouloir se passer de la force économique évaluée rapidement plus haut, il nous faudra de part et d’autre aboutir à ces « compromis qui font évoluer l’humanité sans déchirer la société ». Le MBP n’éludera pas ce débat important pour l’avenir de la Bretagne et cherchera à définir avec les exploitants, les élus, les associations et les citoyens de nouvelles perspectives et, c’est une volonté,  à accompagner l’émergence d’une nouvelle agriculture bretonne forte et durable

Economie : faire preuve de volontarisme

Le développement économique n’est pas une mince affaire. Surtout dans un pays excentré comme le nôtre, et qui plus est, quand on se trouve loin des côtes, en Centre-Bretagne. Pourtant, nous sommes convaincus qu’il est possible. D’ailleurs certaines micro-régions l’ont démontré. Loudéac et Vitré sont deux bons exemples. Nous croyons bien sûr, nous l’avons écrit dans une précédente rubrique, qu’il est possible de faire jouer la fibre sentimentale des Bretons exilés. Mais ne compter que sur cette voie pour se développer relèverait de l’utopie. Car si le coeur fait parfois pencher la balance du bon côté, il n’est en rien un facteur déclenchant. Notre Bretagne est attractive : qui ne rêve pas d’y séjourner ? Mais un chef d’entreprise n’est pas un philanthrope. Nous devons donc aller plus loin pour séduire l’entrepreneur extérieur. Cela passe par un réseau de communication moderne et adapté. Le projet TGV va dans le bon sens. Mais il reste insuffisant. En outre, il a le désavantage d’oublier le Centre- Bretagne, berceau d’une partie de l’industrie agroalimentaire qui nécessite une immense flotte de camions.

D’où la nécessité d’accélérer la mise à deux fois deux voies de la RN 164 (l’axe central de la Bretagne), de St Méen-le-Grand à Châteauneuf en passant par Loudéac et Carhaix et peaufiner notre réseau des autoroutes de la communication qui permettent à n’importe quelle entreprise de s’installer n’importe où et de gommer en partie le handicap géographique. Dans un autre domaine, chaque candidat à l’installation doit sentir qu’il est attendu et qu’on est prêt à lui dérouler un tapis rouge. Il ne s’agit pas bien sûr de tout lui sacrifier et de faire n’importe quoi n’importe où. Les contraintes en matière d’environnement sont par exemple nécessaires, surtout à l’approche de nos sites sensibles. Mais on doit aussi faire mieux pour lui permettre de s’installer et de prospérer chez nous plus qu’ailleurs. Cela doit passer par une politique fiscale offensive, par une harmonisation des taux d’imposition sur toute la région, par le développement de zones industrielles spécialisées, par une étroite collaboration avec les centres de recherche déjà existant, et avec les structures d’enseignement, par un gros effort de formation professionnelle. On constate ainsi, sur ce dernier point, un trop fort décalage entre la formation des demandeurs d’emplois et les besoins des entreprises. Cela doit aussi passer par une réforme profonde des procédures administratives. Il faut en moyenne deux à cinq ans à une entreprise pour s’installer, à partir du moment où elle prend la décision de  le faire, tant les tracasseries administratives sont légion, et tant implanter une entreprise est devenu un vrai parcours du combattant. Surtout dans le domaine industriel.

C’est long. Trop long.

La plupart des chefs d’entreprise le disent : le facteur temps joue beaucoup dans leurs politiques industrielles. Et tous se plaignent de ces langueurs administratives qui pénalisent tous les projets. Il est ainsi indispensable de créer une officine qui permettrait de regrouper toutes les structures concernées (Drire, services de l’équipement, de l’environnement…) qui se repassent les dossiers avec parfois plusieurs mois de décalage, pour que les délais d’instruction diminuent. Cela passe naturellement par un rapprochement des services. Là encore, ce n’est pas une mince affaire : l’organisation et les cloisonnements administratifs, en France, sont récurrents. A nous de faire preuve d’initiative et d’arguments convaincants pour faire de notre région une région pilote en la matière. Faire bouger les choses est une nécessité qui suppose un volontarisme à toute épreuve. Trop souvent on entend des hommes politiques se plaindre qu’il leur faille trois ans pour mener à bien un dossier industriel. Mais que font-ils pour modifier cela ? Si l’on veut que la création d’entreprises et donc d’emplois soit réellement une priorité, encore faut-il s’en donner les moyens.

Yann-Fanch Kersau

Faire venir des entreprises en Bretagne

Développer le tissu économique breton passe bien entendu et avant tout par un encouragement fort à la prise d’initiative locale. Un développement endémique est toujours un développement plus solide. 

Mais en la matière, il ne faut négliger aucune piste. Et ne surtout pas négliger les pistes externes à la Bretagne.

Je vais vous raconter une anecdote. De part mon métier (collaborateur dans une entreprise de communication), je suis appelé à rencontrer de nombreux chefs d’entreprise. Ayant travaillé dans l’Oise, j’ai tenté pendant deux ans de « pénétrer » dans une entreprise bien connue de nos amis agriculteurs : Massey Ferguson, usine de fabrication de tracteurs installée à Beauvais.

Comme de nombreuses entreprises cultivant le secret (hélas), cette entreprise était Continuer la lecture de Faire venir des entreprises en Bretagne