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L’UMP et les langues régionales

L’UMP vient de dévoiler la liste de ses secrétaires nationaux mercredi dernier. Ils devraient contribuer à bâtir le programme du candidat Sarkozy, déjà en campagne, pour 2012. Marc Le Fur, député breton de Loudéac, a été nommé « secrétaire national aux langues régionales ». Bien connu pour avoir été à l’origine d’un amendement, heureusement rejeté, relevant le seuil à partir duquel une porcherie serait soumise à autorisation, reconnaissons lui néanmoins le mérite d’avoir œuvré en faveur de l’entrée des langues régionales dans la Constitution au titre du patrimoine, même si cette reconnaissance reste symbolique. « Pour la première fois, un grand parti politique décide de prendre à bras le corps la question des langues régionales en France. C’est un signal fort… », affirme Marc Le Fur, « L’inscription des langues régionales dans la Constitution était une première étape. Nous avons encore beaucoup d’étapes à franchir. Cette nouvelle fonction me permettra de redoubler d’efforts… », dit-il encore. On aimerait le croire tant la situation de la langue bretonne en particulier est délicate.

On se doit néanmoins de rappeler à Marc Le Fur que ce sont des ministres UMP, Frédéric Mitterrand et Luc Chatel, comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours, qui ont dit Niet il y a peu à une proposition de loi sur les langues régionales. Bien en tendu les blocages ne viennent pas que du côté de la droite. La gauche hexagonale a aussi ses jacobins, allergiques et hostiles à la diversité linguistique et culturelle.

Mais, gageons qu’à l’aube de l’élection présidentielle de 2012, l’UMP comme le PS sauront sortir des cartons des propositions de loi et des « démarches raisonnables et constructives » pour tenter d’améliorer le sort misérable des langues régionales. Il y aura toujours des naïfs pour les écouter. Pour reprendre la devise pasquaïenne « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

La solution la plus efficace pour sauver la langue bretonne serait de donner totale compétence à la Région avec les moyens financiers nécessaires  pour la préservation du breton, son enseignement, sa diffusion et sa place dans la vie publique… Mais là aussi l’UMP s’oppose.

Fañch Broudic : l’enseignement du et en breton

A la demande du Recteur d’Académie de Rennes, Fañch Broudic, l’ancien responsable des émissions en langue bretonne sur « FR3 Breizh » vient de rédiger un état des lieux de l’enseignement du breton. Le contenu instructif de ce rapport vient d’être publié aux éditions « Emgleo Breiz » et il ne manquera pas de susciter la curiosité de celles et ceux qui s’intéressent à l’avenir de la langue bretonne et donc à son enseignement. Au total  près de 280 pages et un regard lucide sur la dure réalité de l’enseignement du breton. Les lecteurs ne manqueront de relever les explications fatalistes de certains enseignants et le « blues » qui parfois les habite face à l’opposition larvée d’un système scolaire trop conformiste. Mais ce livre contient aussi une série de 12 préconisations et plus de 60 mesures concrètes « pour que les enfants puissent apprendre le breton et que les jeunes aient envie de le parler ». Le débat est donc ouvert. Espérons que les élus locaux et régionaux, les décideurs, les associations militantes un peu trop discrètes depuis quelques années, y trouveront matière à réflexion et à action. Car, c’est probablement dans l’action et la construction que les Bretons trouveront l’enthousiasme et la volonté nécessaires à la réappropriation de la langue bretonne

Luc Chatel met les langues régionales hors la loi !

Le député de Strasbourg Armand Jung, président du groupe d’études sur les langues régionales à l’Assemblée, a fait une nouvelle tentative  pour inscrire, à l’ordre du jour des travaux du Parlement, une proposition de loi relative au développement des langues et cultures régionales. Pendant des mois quelques députés de droite comme de gauche ont travaillé pour élaborer une proposition de loi. Une de plus diront les sceptiques. La première date en effet de 1958 et c’est la 85eme. La réponse du ministre leur donne hélas une nouvelle fois raison malgré les promesses du candidat Sarkozy.

« Chacun sait fort bien que notre loi fondamentale interdit de reconnaître des droits spécifiques à certaines catégories de citoyens, qui plus est sur des territoires déterminés. Nos principes fondateurs d’unicité du peuple français, d’égalité des citoyens devant la loi et d’indivisibilité de la République s’y opposent formellement » a répondu mardi Luc Chatel, en lieu et place du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, absent. Il enterre de fait l’idée « d’un cadre de référence qui prendra la forme d’une loi » émise par l’ancienne ministre de la Culture, afin de protéger les langues régionales. La langue bretonne, comme les autres langues régionales, auront le « le droit de cité » mais ne disposeront d’aucun moyen de défense devant la loi. Un  droit en fait qui n’en est pas vraiment un. La France jacobine reste toujours aussi hostile à la diversité culturelle et aux langues régionales. Pour le MBP, seule une Bretagne émancipée disposant des moyens politiques et financiers pour gérer ce type de dossier permettra de prendre les mesures nécessaires à la véritable sauvegarde de la langue bretonne.

Quand un symbole crée le lien

JJ Madec adjoint au Maire à la culture Lokmaria-Kaer

Dans notre société la symbolique est peut-être aujourd’hui moins présente. Pourtant il me semble que ce sont aussi les symboles qui permettent de créer du lien entre les gens, qui font que des idées prennent forme, que des identités culturelles se construisent.

J’aimerais, amener un sujet de réflexion qui pourrait faire consensus et construire autour  d’un symbole la reconnaissance de notre identité culturelle dans un esprit d’ouverture. C’est à dire « se faire reconnaître en allant vers l’autre ».

Je veux parler  de la création d’un  passeport culturel. Je n’invente rien, car il existe. Vous pouvez trouver aujourd’hui  en Bretagne dans quelques magasins  le passeport breton. Auparavant il y a eu le passeport celtique. Ils ont le mérite d’exister mais ce n’est pas dans le même  esprit que j’aborde cette réflexion. Je pense qu’il faudrait retravailler le contenu pour faire en sorte qu’il ne  soit pas source de polémique ou de provocation si nous voulons le faire admettre par le plus grand nombre.

A quelles occasions pourrait-on  le donner ?

1)       Lors des cérémonies de mariage, ce passeport pourrait être offert  aux jeunes mariés.

2)       Lorsque les jeunes d’une commune atteignent leur majorité, les services culturels  pourraient délivrer ce passeport lors d’une petite cérémonie.

A quoi servirait-il ?

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