Archives de catégorie : Culture – Langue

« Vol au-dessus d’un nid de coucous »

Nous vguz_seaskaous invitons à prendre connaissance d’un article publié dans l’excellent journal Enbata,  enbata.info sur la toile, publié à Bayonne. L’adjointe au maire écologiste de Bayonne, Martine Bisauta, y donne son sentiment sur les différents obstacles qui jalonnent la revendication d’une collectivité territoriale pour le Pays Basque Nord. Toute ressemblance avec la Bretagne et par exemple le cheminement laborieux de la plateforme « Libérons les énergies en Bretagne »  serait de mauvais goût… Il n’en reste pas moins que ce qui se passe au Pays Basque nous interpelle, comme par par exemple l’occupation par Seaska, l’équivalent de Diwan en Bretagne, des locaux du PS à Bayonne (voir 7 seizh.info) pour réclamer une loi pour protéger enfin les écoles comme Seaska ou Diwan utisant la pédagogie par  immersion.

« Coluche disait: “A la fin de la réponse, tu comprends même plus la question que t’as posée!” C’est un peu ce qui nous arrive dans l’interminable débat parlementaire dans lequel le projet de Collectivité territoriale est plongé.
Après un travail sérieux et exhaustif, le Pays Basque s’est doté d’un rapport sur son avenir institutionnel qui fait apparaître qu’il existe une disposition dans le droit français qui correspond à ses besoins et qui peut permettre une évolution efficace et démocratique du dispositif en place. Cela s’appelle une collectivité territoriale dotée d’un statut particulier, qui n’est ni un département ni une région. Cela existe déjà dans l’Hexagone et cela va se faire maintenant pour la Communauté urbaine de Lyon, entraînant au passage la scission du département du Rhône.
La demande est limpide. Mais les voies du pouvoir sont impénétrables et, une fois de plus, le choix a été fait de doter le Pays Basque d’un machin qu’il ne souhaite pas.

Solutions d’opportunité pour calmer le jeu et semer le trouble
Au nom du jacobinisme triomphant dans les travées des Assemblées, on nous a concocté une solution intermédiaire destinée à nous faire patienter un ou deux siècles supplémentaires, un objet politique pas vraiment identifié, qui présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages pour la bonne gestion des politiques publiques sur ce territoire.
En fait, la réponse gouvernementale est contrainte par les attaques violentes de nombres d’élus, notamment socialistes, qui combattent avec une hystérie pathologique toute reconnaissance du Pays Basque. Le cas de Lyon est significatif: ce qui est possible sur les bords du Rhône est rédhibitoire sur les bords de Nive et d’Adour. Le problème est là et seulement là! Tout le reste n’est que littérature! Et cela, dans un contexte où les hostilités reprennent contre Seaska, où les engagements sur la signature de la Charte européenne sur les langues régionales sont remis aux calendes grecques! Alors de façon brouillonne on concocte des solutions d’opportunité destinées à calmer le jeu et surtout à semer un trouble dévastateur sur le mode “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”. On connaît le film et on nous permettra de ne pas applaudir à la fin!

Pourquoi c’est toujours JAMAIS quand il s’agit du Pays Basque ?
Au moment où ces lignes sont écrites, je ne peux préjuger des nouveaux soubresauts qui risquent de se produire dans les jours qui viennent. Il se peut que la proposition du gouvernement soit mise à mal à l’Assemblée nationale alors qu’elle a passé les fourches caudines du Sénat! Et de façon encore plus surprenante, la remise en question pourrait venir de la même famille politique que celle qui a inventé la solution… Vous suivez toujours?
Je comprends vos interrogations, votre état de sidération et, au bout du compte, votre désarroi devant la pièce qui se joue sous nos yeux et qui donne de ces jeux politiques une infernale vision.
Il va falloir se bouger. A cet autisme permanent doit répondre une mobilisation sans faille, il faut arracher une réponse à cette lancinante question: pourquoi c’est toujours JAMAIS quand il s’agit du Pays Basque ? ».

André Lavanant : lettre ouverte à François Hollande

hollandeMonsieur François Hollande, Président de la République,

 Monsieur le Président,

 Comment peut-on en une année passer de candidat prometteur à Président menteur ?

 Votre programme s’écrivait en 60 engagements – donc tout compte fait pas si nombreux que cela pour un pays de 65 millions d’habitants – j’en avais déduit qu’ils avait été bien pensés, débattus, décidés, et que, le 56ème  (la charte européenne des langues miniritaires) allait bénéficier du respect de votre parole écrite.

Moins d’un an après, vous déclarez l’impossibilité constitutionnelle de l’exécuter.

 Monsieur François Hollande, Président naïf ? Je n’y crois pas !

Monsieur François Hollande, Président démagogue ? Pourquoi pas en période électorale ! C’est somme toute un défaut humain assez classique dans la classe politique !

Monsieur François Hollande, Président menteur ? Quand la mémoire des engagements formels d’un homme averti est si courte, je pense en effet que nous sommes dans le mensonge.

 Vous ne pouvez ignorer que tous ceux qui contribuent au dynamisme de la langue bretonne sont dans l’attente de la ratification de la charte européenne des langues minoritaires et de son préalable, la modification de la constitution.

 En vous figeant sur la déclaration du Conseil d’Etat, vous vous trahissez, visiblement vous trahissez de nombreux élus bretons de vos amis. En tous cas, la trahison est le sentiment personnel que je porte en moi.

 Permettez-moi en conclusion, une question : Monsieur le Président, votre positionnement est-il définitif ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations citoyennes.

André Lavanant

 

31 Mars 2012 tous à Kemper

Galv zo a-berzh ar strollad « Breizh war raok » da vonet d’ar vanifestadeg ma vo dalc’het e Kemper d’an31 aviz Meurzh 2012. Goulennet vez, a-c’houde pell amzer, get ar vretoned ha get pobloù bihan arall, un stadud gwir hag ofisiel evit ar yezhoù minorizet. Ar vanifestadeg-se a ziskouezo nerzh ha c’hoant ar pobloù bihan da vout anavet ha gwelet evit tud par doc’h ar re arall. Emañ Bro Frañs bro gwirioù Mab-den sañset, neoazh, e vez nac’het get he stad sinañ karta ar yezhoù bihan ha testennoù european arall a-seurt. Mar faota deomp un nerzh nevez evit hor yezhoù, koñdisionoù labour gwir a-barzh ar skolioù brezhonek, ur stadud hag un za-vont evit ar brezhoneg eh emañ poent bras goulenn groñs get ar Stad cheñchel politikerezh. Pouezus vo ar vanifestadeg-se, dalc’hed e-pad ar c’hourz « rak-dilenadegoù », evit diskouez eh omp prest da zifenn hor yezh, hor sevenadur, da lâret eo hon idantelezh.

Deomp holl a gevred da Gemper d’ar Sadorn31 aviz Meurzh 2012.

Le groupe « Mouvement Bretagne Progrès » appelle à manifester à Quimper le 31 mars 2012. Les bretons et d’autres peuples demandent qu’il y ait un vrai statut pour les langues minorisées de France. Grâce à cette manifestation nous pourrons montrer notre détermination et notre volonté d’être reconnus et considérés égaux. La France se dit le pays des droits de l’homme, cependant, son état ne signe pas la charte des langues minoritaires ainsi que d’autres textes européens s’y rattachant. Si nous voulons qu’une nouvelle force soit donnée à nos langues, des conditions de travail décentes dans les écoles en breton, un statut et un avenir pour la langue bretonne, il est temps de demander fermement à l’Etat de changer sa politique linguistique. En ces temps préélectoraux, cette manifestation marquera un tournant dans la défense de notre langue, notre culture, c’est-à-dire notre identité.

Ras-le-bol

Cet été, les « tagueurs » ont frappé en plusieurs endroits le long de nos routes. Actes de vandalisme  d’une jeunesse désoeuvrée ? A voir.

Car les slogans relevés çà et là ne sont pas anodins : ici, il ne s’agit pas de barbouillages informes, ces pseudos « oeuvres d’art » qui souillent les murs des particuliers. Car il est notable que dans certains secteurs, aucun de ces slogans n’a été inscrits sur des propriétés privées. Ce sont des ponts, des panneaux, des rails de sécurité, qui ont servi de supports à ces slogans.

Mais ces slogans, quels sont-ils ? Entre Vannes, Lorient et Carhaix, nombre de panneaux ont vu fleurir des slogans du type « Breizh free ». 

Cela fait sourire sans doute de voir associer l’anglais et le breton, mais c’est là un langage « jeune », il faut s’y faire.

Dans le Pays de Retz (Sud de la Loire-Atlantique), un peu partout, on a vu des slogans du type « Loire-Atlantique en Bretagne », etc. Même chose dans la région nantaise.

A St Brieuc, certains slogans ont été plus revendicatifs. Nous avons relevé des slogans du type « Paris ne doit plus décider pour la Bretagne ». Même chose dans les régions de Loudéac et Pontivy, où l’on a vu en plus des messages du type « FLB revient ».

Dans le Morbihan et le Finistère, un peu partout, ce sont des affiches « e-brezhoneg » qui ont été collées sur les panneaux écrits en langue française. Sur le parcours du tour de France, Continuer la lecture de Ras-le-bol

Le législateur « à la heul » (à la traîne)…

Selon Le Télégramme, le Sénat a voté à l’unanimité (UMP, PS, PC Centristes) une proposition de loi visant à autoriser explicitement la pose de panneaux bilingues aux entrées de villes. Outre le fait que rien ne permet de dire que l’assemblée nationale, qui en dernière instance décide, confirmera cette initiative, on peut également se dire que le législateur montre une fois de plus qu’il est véritablement « à la heul », à la traîne, par rapport à la société. En Bretagne en effet, ces panneaux sont en place depuis déjà 30 ans, peut-être plus dans certaines communes, et c’est dans les années 80, pour  répondre aux assauts picturaux et néanmoins  nocturnes de Stourm ar Brezhoneg (SAB)  que des panneaux routiers directionnels bilingues ont également été mis en place sur les grands axes routiers. En dehors de tout cadre législatif. Si le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand pense réellement ce qu’il dit :« Loin de constituer un quelconque repli identitaire, a dit le ministre, la signalisation bilingue est, au contraire, un dévoilement identitaire. Elle nous donne à voir notre pays pour ce qu’il est aussi: le foyer de langues diverses. La manifestation publique des langues de France révèle un des visages de la France. C’est un miroir qui nous renvoie l’image plus fidèle de la nation, politiquement une et culturellement plurielle», qu’il accepte donc que le Parlement étudie une proposition de loi sur les langues régionales. Proposition que Luc Chatel a refusée en son nom, il y peu, devant l’Assemblée Nationale. Les défenseurs des langues régionales ne supporteront pas de démagogie sur un sujet aussi sensible.

L’UMP et les langues régionales

L’UMP vient de dévoiler la liste de ses secrétaires nationaux mercredi dernier. Ils devraient contribuer à bâtir le programme du candidat Sarkozy, déjà en campagne, pour 2012. Marc Le Fur, député breton de Loudéac, a été nommé « secrétaire national aux langues régionales ». Bien connu pour avoir été à l’origine d’un amendement, heureusement rejeté, relevant le seuil à partir duquel une porcherie serait soumise à autorisation, reconnaissons lui néanmoins le mérite d’avoir œuvré en faveur de l’entrée des langues régionales dans la Constitution au titre du patrimoine, même si cette reconnaissance reste symbolique. « Pour la première fois, un grand parti politique décide de prendre à bras le corps la question des langues régionales en France. C’est un signal fort… », affirme Marc Le Fur, « L’inscription des langues régionales dans la Constitution était une première étape. Nous avons encore beaucoup d’étapes à franchir. Cette nouvelle fonction me permettra de redoubler d’efforts… », dit-il encore. On aimerait le croire tant la situation de la langue bretonne en particulier est délicate.

On se doit néanmoins de rappeler à Marc Le Fur que ce sont des ministres UMP, Frédéric Mitterrand et Luc Chatel, comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours, qui ont dit Niet il y a peu à une proposition de loi sur les langues régionales. Bien en tendu les blocages ne viennent pas que du côté de la droite. La gauche hexagonale a aussi ses jacobins, allergiques et hostiles à la diversité linguistique et culturelle.

Mais, gageons qu’à l’aube de l’élection présidentielle de 2012, l’UMP comme le PS sauront sortir des cartons des propositions de loi et des « démarches raisonnables et constructives » pour tenter d’améliorer le sort misérable des langues régionales. Il y aura toujours des naïfs pour les écouter. Pour reprendre la devise pasquaïenne « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

La solution la plus efficace pour sauver la langue bretonne serait de donner totale compétence à la Région avec les moyens financiers nécessaires  pour la préservation du breton, son enseignement, sa diffusion et sa place dans la vie publique… Mais là aussi l’UMP s’oppose.

Fañch Broudic : l’enseignement du et en breton

A la demande du Recteur d’Académie de Rennes, Fañch Broudic, l’ancien responsable des émissions en langue bretonne sur « FR3 Breizh » vient de rédiger un état des lieux de l’enseignement du breton. Le contenu instructif de ce rapport vient d’être publié aux éditions « Emgleo Breiz » et il ne manquera pas de susciter la curiosité de celles et ceux qui s’intéressent à l’avenir de la langue bretonne et donc à son enseignement. Au total  près de 280 pages et un regard lucide sur la dure réalité de l’enseignement du breton. Les lecteurs ne manqueront de relever les explications fatalistes de certains enseignants et le « blues » qui parfois les habite face à l’opposition larvée d’un système scolaire trop conformiste. Mais ce livre contient aussi une série de 12 préconisations et plus de 60 mesures concrètes « pour que les enfants puissent apprendre le breton et que les jeunes aient envie de le parler ». Le débat est donc ouvert. Espérons que les élus locaux et régionaux, les décideurs, les associations militantes un peu trop discrètes depuis quelques années, y trouveront matière à réflexion et à action. Car, c’est probablement dans l’action et la construction que les Bretons trouveront l’enthousiasme et la volonté nécessaires à la réappropriation de la langue bretonne

Luc Chatel met les langues régionales hors la loi !

Le député de Strasbourg Armand Jung, président du groupe d’études sur les langues régionales à l’Assemblée, a fait une nouvelle tentative  pour inscrire, à l’ordre du jour des travaux du Parlement, une proposition de loi relative au développement des langues et cultures régionales. Pendant des mois quelques députés de droite comme de gauche ont travaillé pour élaborer une proposition de loi. Une de plus diront les sceptiques. La première date en effet de 1958 et c’est la 85eme. La réponse du ministre leur donne hélas une nouvelle fois raison malgré les promesses du candidat Sarkozy.

« Chacun sait fort bien que notre loi fondamentale interdit de reconnaître des droits spécifiques à certaines catégories de citoyens, qui plus est sur des territoires déterminés. Nos principes fondateurs d’unicité du peuple français, d’égalité des citoyens devant la loi et d’indivisibilité de la République s’y opposent formellement » a répondu mardi Luc Chatel, en lieu et place du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, absent. Il enterre de fait l’idée « d’un cadre de référence qui prendra la forme d’une loi » émise par l’ancienne ministre de la Culture, afin de protéger les langues régionales. La langue bretonne, comme les autres langues régionales, auront le « le droit de cité » mais ne disposeront d’aucun moyen de défense devant la loi. Un  droit en fait qui n’en est pas vraiment un. La France jacobine reste toujours aussi hostile à la diversité culturelle et aux langues régionales. Pour le MBP, seule une Bretagne émancipée disposant des moyens politiques et financiers pour gérer ce type de dossier permettra de prendre les mesures nécessaires à la véritable sauvegarde de la langue bretonne.