Neymar, reflet d’une société à la dérive

La planète football est en ébullition. Le transfert du brésilien Neymar au Paris Saint Germain n’a pu échapper à personne, tant les médias nous ont abreuvé de ce feuilleton surréaliste pendant la saison estivale.

Quelques chiffres tout d’abord qui nous donnent un peu le tournis. Pour s’octroyer le joueur, le PSG a dans une première étape du s’acquitter d’une clause libératoire de 222 millions d’euros auprès du club de Barcelone, à laquelle est venu s’ajouter une prime de 80 millions d’euros à la signature du contrat pour le joueur.
Coté salaire, c’est aussi la démesure… 30 millions d’euros net par mois… soit 2,5 millions par mois ce qui ramené à 24h, équivaut à plus de 8 000 euros par jour.

Quand on questionne le tout nouveau ministre de l’Action et des comptes publics, lui se réjouit de l’attractivité du Paris Saint Germain. Certes… mais il oublie aussi que Neymar malgré son salaire extravagant ne sera pas soumis, entre autre, à l’ISF pendant 8 ans (privilège du régime des impatriés). Le PSG et la France pour lui, c’est un vrai paradis fiscal…

Le club parisien a de son coté quant à lui, déboursé la modique somme de 50 000 € pour illuminer la tour Eiffel afin de saluer l’arrivée de Neymar à Paris…
Et les médias en raffolent !!! Il suffit d’écouter France Info ou de regarder les grandes chaînes de télévision s’extasier à chaque apparition de la star…

Mais les supporters parisiens sont heureux et très très fiers de leur club, … c’est l’essentiel. Ils sont même prêts à faire la queue pendant des heures pour s’acheter 140 € le tout nouveau maillot floqué…

Et le Qatar, (heu pardon le PSG), ne veut pas s’arrêter là ! Le Paris Saint-Germain s’apprêterait ainsi à faire une offre supérieure à 135 millions d’euros pour s’octroyer le joueur monégasque MBappé…

Cette dérive financière nous interpelle et l’on peut se demander quelle société voulons-nous ?
Aux mots starisation, spéculation, mondialisation, on aimerait aussi y associer régulation, redistribution et modération. On ne peut s’empêcher de sourire quand on entend la Fifa parler de pseudo règle du fair play financier.

Le football est devenu le reflet d’une société où l’argent roi corrompt tout, et contribue à ce que les riches soient de plus en plus riches.

Allez, parions sous peu à l’explosion des droits TV… mais tant qu’il y a des poires pour payer, il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête…

 

Didier T.