Résister et construire

Disons-le franchement, les résultats des élections législatives sont en dessous de nos espérances. Pas de quoi pavoiser donc.

Les raisons sont à la fois globales (effets Macron), on peut dire aussi que « ce n’est pas une élection pour nous » et sans doute locales (manque d’élus et de notoriété…)…

Le contexte politique

Le contexte politique de l’année 2017 est inédit et bien malin celui qui peut dire vers où il va évoluer. La naissance de La République en Marche est venue bouleverser l’échiquier politique dans une confusion entretenue laissant croire que les candidats macroniens, comme le président de la république, ne sont ni de droite ni de gauche, ou à la fois de droite et de gauche ! Bref ! Ils seraient d’un autre monde, forcément nouveaux alors que les autres sont ringards et font de « la vieille politique ». Mais les masques ne devraient pas tarder à tomber. Jean-Yves Le Drian, ministre une fois de plus, affiche 70 ans au compteur et a fait toute sa carrière au PS. Richard Ferrand est au PS depuis la fin des années soixante-dix et était dans ce parti il y a encore moins d’un an ! Toute honte bue, ils acceptent d’être dans un gouvernement dirigé par un homme de droite jupéiste où tous les postes clef sont tenus par des hommes de droite ! La confusion est totale du moins avec les lunettes de lecture habituelles. On peut penser que la droite et la gauche n’existent plus, c’est le discours à la mode, mais on peut aussi penser le contraire et il n’est pas impossible qu’on assiste dans les années à venir à un important retour de balancier comme l’histoire sait parfois en réserver.

Dans ce contexte inédit et parfois déroutant, faire entendre la petite musique de nos revendications bretonnes, du « régionalisme » n’était pas un exercice facile et nos candidats et leurs équipes doivent tous être félicités pour leur courage et leur engagement.

Quand beaucoup de femmes et d’hommes, recrutés sur CV par Paris par des dirigeants autoproclamés, deviennent de vulgaires surfeurs, nos candidats sont les rochers autour desquels nous bâtirons la maison Bretagne émancipée.

Nos valeurs humanistes et nos convictions bretonnes progressistes ne sont ni ringardes ni dépassées, elles sont d’une indéniable modernité face à la monarchie républicaine actuelle et à son pendant : le jacobinisme. Ce dernier hélas sort une fois de plus renforcé à l’issue de la dernière séquence électorale. Il suffit d’écouter ou de lire ce qu’ose dire la nouvelle députée « LREM » de Quimper : « Je veux être à l’image d’une courroie de transmission qui relaie et transforme les savoirs de Paris pour créer une énergie nouvelle sur le terrain. » !!!

 Résister et construire !

L’heure est donc à la résistance et à la construction d’une alternance crédible.

Le calendrier électoral à venir se présente ainsi :

  • Européennes en 2019
  • Municipales en 2020
  • Départementales en 2021
  • Régionales en 2021
  • Présidentielle en 2022

L’arme au pied, nous pouvons attendre tranquillement ces prochaines échéances en se disant que les vents seront plus porteurs dans deux ou trois ans. Nous pouvons aussi décider de militer activement pour promouvoir nos idées et nous organiser en conséquence.

Nous devons, c’est une évidence, gagner plus de Bretonnes et de Bretons à la cause de l’autonomie et pour ce faire il n’y a pas de mystère, il faut aller vers les gens avec tous les moyens de communication à notre disposition. Comme de toute manière nous ne disposerons pas des « grands médias », compensons ce handicap en occupant le terrain par un activisme militant bien organisé et responsable avec en point de mire les élections municipales où nous devons absolument faire entrer nos militants dans les conseils et si possible susciter des listes dans les grandes villes et les villes moyennes.

 André LAVANANT