Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon… et Le Pen

RIEN DE BON POUR LES BRETONS !

Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon… Et les Bretons ! Lesquels, dans un peu moins de trois mois, vont avoir à choisir, s’ils tiennent à le faire, entre tous ces noms… Outre leurs patronymes, qui, hasard des circonstances, se terminent tous par le phonème « on », ces quatre prétendants à la fonction présidentielle ont également en commun leur total manque d’intérêt pour la Bretagne et les aspirations légitimes de son peuple, que sont la réunification ou le respect de sa langue et de sa culture.

Avec, quand même, des variantes selon les individus concernés : il ne s’agirait quand même pas de s’aliéner toute une frange de l’électorat ! Hamon s’affiche donc régulièrement en caban (breton), y compris quand il va se promener à l’Elysée, et ne perd jamais l’occasion de s’étendre sur son enfance brestoise ; Macron, lui, très curieusement frappé d’amnésie, assure la main sur le cœur qu’il n’a jamais signé le décret d’exploitation du sable marin en baie de Lannion et prend soin de flatter, lors d’un de ses passages dans une criée bretonne, les flancs de quelques lieus jaunes. Quant aux deux autres, ils ne se sentent visiblement pas du tout concernés et seraient plutôt, en « matière » bretonne, partisans de la ligne molle, très très molle même.

Fillon, qui, il est vrai, a d’autres chats à fouetter en ce moment, n’a en effet toujours pas remarqué qu’il y avait un pays et un peuple à l’ouest de Sablé-sur-Sarthe, et Mélenchon, ultra-jacobin de la première heure, préfère faire joujou avec son hologramme en reprenant – éructant ? – ses slogans d’avant la chute du mur. Bref, la Bretagne et les Bretons n’ont rien à attendre de ces quatre postulants déclarés : seule une candidature authentiquement régionaliste, à l’image de celle portée par Oui, la Bretagne, avec sa tête Christian Troadec, pourra faire bouger les lignes. Dernière chose : son patronyme ne se termine pas par « on », il sonne même bien breton, mais Marine Le Pen, qui, si elle est élue, veut purement et simplement supprimer les régions, a aussi toute sa place avec la bande… des quatre autres.

Michel LE TALLEC