VIOLENCE ? MAIS D’OU VIENT-ELLE VRAIMENT ?

« A la violence des Etats doit répondre la violence des peuples. » Il n’est pas sûr du tout que le jeune homme qui a donné une gifle à Manuel Valls ait eu en mémoire ce vieux slogan gauchiste des années 70. Ce qui  semble sûr, en revanche, c’est que l’ex-Premier ministre en tournée électorale n’a pas vraiment conscience du degré d’exaspération que peut légitimement susciter sa venue en Bretagne et parmi les Bretons : un pays qu’il refuse obstinément de voir réunifié malgré des demandes réitérées depuis des décennies, et des Bretons dont il persiste à nier la langue et la culture, passant  allégrement aux oubliettes la ratification de la Charte des langues régionales.

Alors violence, dites vous ? Avant de jeter l’opprobre sur un jeune homme de 19 ans, peut-être encore en train de se chercher politiquement, et qui n’a pas vraiment mesuré la portée de son acte, il serait sans doute souhaitable de dénoncer cette autre violence, celle-là tout à fait consciente, délibérée et volontaire, d’un Etat aveugle et brutal, qui piétine sans sourciller les aspirations légitimes d’un peuple.

Michel LE TALLEC