Intervention de C. Troadec au CG29 du 18/12/2014

Intervention de Christian Troadec au Conseil Général du Finistère du 18 décembre 2014

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, de vous souhaitez à vous, à vos proches, à l’ensemble des élus de cette assemblée et à l’ensemble des personnels de cette maison, d’excellentes fêtes de fin d’année. Ces moments de quiétude sont importants dans un monde toujours en mouvement et où les crises économiques et sociales exposent les plus fragiles à bien des difficultés. Mes pensées vont donc aussi tout naturellement à celles et ceux qui souffrent du chômage, de la précarité, de la solitude ou de problèmes de santé.

Monsieur le Président, nous nous réunissons ce jour du jeudi 18 décembre 2014 marqué par la venue du premier ministre, Emmanuel Valls en Finistère. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai pu dire il y a un an sur le Pacte d’avenir. La coquille vide ne s’est guère remplie depuis surtout si l’on rappelle que la Bretagne est la région qui touche le moins de dotation par habitant de l’Etat de toutes les régions françaises. Mais je crois que la Bretagne attendait plus. Le pacte d’avenir ne s’est en effet pas accompagné du volet institutionnel, volet crucial pour créer les conditions du redémarrage de l’économie et apporter les moyens indispensables en terme politique et financier à la Région Bretagne.
Je ne crois pas d’ailleurs qu’en réservant sa visite à deux métropoles, Brest et Rennes, le premier ministre ait fait un choix judicieux. Il rappelle par là sans aucun doute que les moyens financiers, les crédits iront désormais aux métropoles alors même que la Bretagne est polymorphe, constituée de petites communes et de villes moyennes avec un excellent maillage du territoire. Ce n’est pas bon signe pour les territoires ruraux. Le département du Finistère en fait partie.
La question de la régionalisation de la France ne sera donc pas abordée. La métropolisation vient même la contrarier, la contrer. Deux visions opposées en fait de l’aménagement du territoire. Je continue à penser qu’il est indispensable de décentraliser l’un des Etats les plus centralisateurs d’Europe. Il faut libérer les énergies dans les territoires. La solution pour créer de la richesse, de l’emploi, innover, aller de l’avant passe par là. Et cela devrait évidemment s’accompagner de la réunification de la Bretagne, avec Nantes dans la Bretagne administrative. Nous deviendrions la première région maritime d’Europe ! Que d’occasions gâchées, Monsieur le Président.

Et je vous le dis tout net, je suis triste à la lecture de la presse et des propos de Nathalie Sarrabezolles, notre collègue qui pourrait être amenée à d’éminentes fonctions, quand elle dit : « Je ne crois pas à Nantes dans une Bretagne administrative à 5 ». Pour ma part, au contraire, j’ai toujours pensé qu’il nous fallait être offensif sur cette question. Qu’il en va du développement global de la Bretagne, du respect de son histoire et de son identité. Et que le tout est lié. J’avoue même que le propos est blessant à l’égard des dizaines de milliers de militants de la gauche bretonne qui ont cru pendant plus de 40 ans que le Parti socialiste permettrait de faire aboutir ces questions fondamentales portant sur la reconnaissance des droits du Peuple breton. Que ce soit sur la réunification ou la ratification de la charte des langues minoritaires. Oui c’est rageant.
Mais nous voilà prévenus. En se souhaitant dans quelques jours une bonne année 2015 nous devrons aussi nous souvenir de ces espoirs déçus, de ces espoirs trahis. 2015 est une forte année électorale. La gauche bretonne est trompée, cocufiée avec cette singulière désinvolture qui caractérise ceux qui n’aiment pas vraiment le peuple. Et certains voudraient en plus lui faire payer la chambre.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs, je vous souhaite à nouveau de bonnes fêtes de fin d’année et je précise aussi que je ne participerai pas au débat d’orientations budgétaires, tant celui-ci me semble tronqué et ne permet pas de savoir où les coupes sombres vont être réalisées dans les différentes politiques et objectifs du conseil général du Finistère. A part les grandes masses et grands équilibres on n’y retrouve quasiment aucun élément financier chiffré. Comme je le disais à mon collègue Didier Le Gac à la commission des finances alors qu’il annonçait de grandes coupes dans les budgets : la bonne information des élus doit s’accompagner d’éléments réels de connaissance. Il ne suffit pas de dire qu’il y aura des coupes sombres, mais nous préciser lesquelles et tout de suite afin que nous puissions les corriger, argumenter lors de la construction du budget.
Débattre ici sur des éléments qui seront en réalité décidés à quelques-uns dans un bureau ne me semble guère opportun. Il ne nous reste plus qu’à attendre le vote du budget.
Voilà, Bonnes fêtes de fin d’année ! Nedeleg laouen ha bloavezh mat !

Christian TROADEC
Maire de Carhaix
Conseiller général du Finistère