Christian TROADEC , maire de Carhaix, réagit aux propos du ministre Emmanuel Macron

« Ces gens-là, ces femmes illettrées… qui ne peuvent pas passer le permis de conduire pour plus de mobilité… » Le technocrate et ministre de l’économie Emmanuel Macron, résume hélas le sentiment d’une grande partie de la classe politique parisienne, emplie de mépris et de suffisance à l’égard des salarié(e)s de l’agroalimentaire bretonne qui ne demandent pourtant qu’une simple chose : gagner leur vie, au Pays, là où ils ont leur famille, leur amis. Si certains qualifient le propos du ministre de l’économie de maladresse et malgré les explications alambiquées qu’il a pu donner, ce même jour, à l’Assemblée, je crains hélas que ces déclarations ne trahissent sa pensée profonde comme il y a encore peu de temps, à l’annonce des difficultés d’une autre branche, celle de la volaille, d’autres donneurs de leçons, nous expliquaient le plus tranquillement au monde que c’était inéluctable, que c’était écrit… méprisant aussi bien l’histoire de l’agroalimentaire en Bretagne que les femmes et les hommes qui l’ont construite et fait vivre et qu’on laisse tomber comme des kleenex. Au-delà de ce grave mépris affiché par les technocrates de Paris à l’égard des salariées de chez Gad, il est aussi navrant de constater qu’au lieu de se battre en premier pour la réouverture ou la poursuite des activités des abattoirs concernés, aussi bien celui de Josselin que de Lampaul-Guimilau, ce que chacun reconnait possible, le ministre préconise la mobilité ! Mais pour trouver du travail où ? Avec 50 % de chômeurs en plus en cinq ans dans le Finistère ce n’est pas le travail qui court les rues. A moins qu’il ne préconise de partir à Paris peut être… Paris et le désert breton. Tout cela est inacceptable. Nous voulons vivre, décider et travailler au Pays !

Christian Troadec
Maire de Carhaix
Conseiller général du Finistère