Faire venir des entreprises en Bretagne

Développer le tissu économique breton passe bien entendu et avant tout par un encouragement fort à la prise d’initiative locale. Un développement endémique est toujours un développement plus solide. 

Mais en la matière, il ne faut négliger aucune piste. Et ne surtout pas négliger les pistes externes à la Bretagne.

Je vais vous raconter une anecdote. De part mon métier (collaborateur dans une entreprise de communication), je suis appelé à rencontrer de nombreux chefs d’entreprise. Ayant travaillé dans l’Oise, j’ai tenté pendant deux ans de « pénétrer » dans une entreprise bien connue de nos amis agriculteurs : Massey Ferguson, usine de fabrication de tracteurs installée à Beauvais.

Comme de nombreuses entreprises cultivant le secret (hélas), cette entreprise était complètement hermétique. Impossible de faire état sur ce qu’on y faisait, comment on y travaillait, ses perspectives de développement.

Un jour, à l’occasion d’une cérémonie de voeux, la maire de la commune (à l’époque Walter Amsallem), m’a mis en contact avec son directeur. Il me pardonnera sans doute de le nommer : M. Presse. Un homme remarquable. De fil en aiguille, au détour de la discussion, il me révéla ses origines bretonnes. Dès lors, la discussion prit une tournure totalement différente. La semaine suivante, je visitais l’entreprise de fond en comble et pouvait mettre en avant son savoir- faire, ce que personne jusqu’à présent, à l’extérieur de l’entreprise, n’avait semble-t-il fait jusqu’alors.

Cette anecdote pour rappeler qu’il est un atout formidable sur lequel hélas, on compte rarement : il y a des Bretons partout, et la plupart du temps, même sans avoir mis leurs pieds en Bretagne depuis des années, ils restent attachés à leur « pays » d’origine.

Je pense qu’il y aurait moyen de développer à l’aide d’une structure solide, un travail de lobbying.

Quand une entreprise en France cherche un lieu d’implantation ou de développement, la carte de visite Bretagne, avec son cadre de vie, son dynamisme, son tissu de villes actives, est un argument solide. 

Mais rien ne vaut de parler au coeur des gens. Des Bretons sont chefs d’entreprise. Des Bretons occupent des postes à responsabilité dans des PME en phase de développement, dans des grands groupes. Des Bretons disposent de moyens financiers colossaux que certains investissent dans le football. Ne serait-il pas plus utile de les investir pour produire de la richesse, de l’emploi ? Mais pour cela, il faut arriver à les convaincre.

Ne nous leurrons pas et ne tirons pas de plans sur la comète. Ce travail de lobbying ne peut se faire qu’avec du personnel compétent, motivé. La tâche sera très dure, pour des résultats incertains. Mais cette voie n’a pas été suffisamment explorée.

Actuellement, le développement de la technologie permet n’importe quelle entreprise de s’installer n’importe où. Il n’est plus nécessaire de vivre à Paris pour créer. L’informatique, les moyens de communication moderne sont autant d’atouts qui nous permettent de montrer que notre Bretagne est une région ouverte et bien équipée, que l’on y trouve du personnel formé, compétents, des centres de recherche, bref, que la région est apte à recevoir n’importe qui. 

Mais il faut arriver à en convaincre les chefs d’entreprise et investisseurs potentiels.

La Bretagne doit se donner les moyens de mener à bien cette ambition.

Yann-Fañch Kersau

Loudéac